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Fusillade à Vienne : ce que l'on sait de l'attaque terroriste qui a fait 4 morts

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Le centre-ville de Vienne en Autriche a été touché par une fusillade lundi soir. Un attentat revendiqué par le groupe Etat islamique, qui a fait quatre morts et quinze blessés. Un assaillant a été tué par les forces de l'ordre, deux hommes ont été interpellés en Suisse.

La police autrichienne sur la Morzinplatz, l'un des lieux touchés par la fusillade qui a eu lieu lundi soir dans le centre de Vienne
La police autrichienne sur la Morzinplatz, l'un des lieux touchés par la fusillade qui a eu lieu lundi soir dans le centre de Vienne © AFP - ALEX HALADA

Une fusillade a éclaté lundi soir dans le centre-ville de Vienne, en Autriche. Un attentat qualifié "d'attaque terroriste" par le chancelier Sebastian Kurz qui a fait quatre morts et une quinzaine de blessés. Un des assaillants, Kujtim Fejzulai, 20 ans, armé d'un fusil d'assaut et d'une ceinture d'explosifs factice, a été abattu par la police. 

L'attentat a été revendiqué mardi soir par le groupe Etat islamique. La fusillade a éclaté vers 20h non loin d'une importante synagogue et de l'Opéra de Vienne, à quelques heures de l'entrée en vigueur d'un reconfinement pour lutter contre la pandémie de coronavirus. L'attaque s'est déroulée dans six lieux différents, a expliqué la police, sans donner de détails. 

Le profil du suspect abattu

Il s'agit d'un "sympathisant" du groupe jihadiste Etat islamique selon les indices recueillis dans son logement qui a été forcé à l'explosif par les forces d'interventions. Selon le gouvernement, l'assaillant est d'origine nord-macédonienne et avait été condamné en 2019 pour avoir tenté de rejoindre la Syrie. Il était aussi détenteur de la nationalité autrichienne.

Le ministre de l'Intérieur autrichien a précisé que l'auteur de l'attentat avait réussi à "tromper" le programme de déradicalisation et ceux qui étaient chargés de son suivi. A la suite de sa condamnation pour avoir tenté de s'enrôler au sein de l'Etat islamique (EI) en Syrie, il avait été libéré de manière anticipée, ce qu'a critiqué le ministre devant la presse. Il a par ailleurs annoncé l'interpellation de 14 personnes et 18 perquisitions dans le pays en lien avec les attaques.

Les enquêteurs essayaient de déterminer s'il avait agit seul ou avec des complices puisque les tirs ont leu lieu dans différents endroits de la ville. Mais le ministre de l'Intérieur autrichien a déclaré qu'il n'y avait à ce stade pas de preuve de l'existence d'un deuxième assaillant. Le visionnage des vidéos des lieux du crime n'a pas permis de confirmer qu'un second suspect a participé à l'attaque. Auparavant, le ministre avait assuré qu'au moins un autre suspect était en fuite.

Deux interpellations en Suisse

Suite à cette attaque, deux hommes suisses de 18 et 24 ans ont été arrêtés mardi à Winterthour, près de Zurich, dans le nord de la Suisse. "Les deux hommes ont été arrêtés à mardi après-midi (03.11.2020) en coordination avec les autorités autrichiennes", a indiqué la police cantonale de Zurich dans un communiqué.

Ces deux hommes connaissaient le suspect abattu : "Maintenant on mène l'enquête pour savoir comment ils étaient en contact", a précisé à l'AFP Philipp Schwander, porte-parole du ministère fédéral de la Justice. "L'objectif principal est de faire tout la lumière" sur leur éventuelle implication, a souligné la police cantonale zurichoise.

Une cinquantaine de coups de feu

Selon des témoins interrogés par une télévision autrichienne, un homme a tiré sur la foule "comme un fou" avec une arme automatique. L'un des témoins évoque "au moins 50 coups de feu". La stupeur s'est aussitôt installée dans les restaurants et les bars du quartier, où les clients ont été priés de rester à l'intérieur, lumières éteintes, pendant que les sirènes des ambulances hurlaient à l'extérieur.

Selon le ministère de l'Intérieur, deux hommes et deux femmes ont été tuées dans l'attaque. Une quinzaine de personnes ont été hospitalisées, dont sept dans un état grave.

Les Viennois confinés

Dans les instants qui ont suivi l'attaque, le ministère de l'Intérieur a appelé les habitants de Vienne à être prudents. "Restez à la maison ! Si vous êtes dehors, réfugiez-vous quelque part ! Restez loin des lieux publics, n'utilisez par les transports" a écrit la police sur son compte Twitter lundi soir. 

Des policiers et des soldats ont été mobilisés pour protéger les bâtiments importants de la capitale, et les enfants ont été dispensés d'école mardi. "Nous ne nous laisserons jamais intimider par le terrorisme et nous combattrons ces attaques avec tous nos moyens", a affirmé le chancelier Kurz, fustigeant une attaque "répugnante".

Hélicoptères et cordons de police, la ville a été bouclée pour retrouver d'éventuels autres suspects. Des contrôles renforcés ont été mis en place à la frontière entre l'Allemagne et l'Autriche dans le cadre des recherches de suspects, a indiqué la police allemande.

Condamnations à l'étranger 

Cette attaque a suscité de nombreuses réactions de la part des chefs d'Etat à travers le monde. Pour le président américain Donald Trump, "ces attaques du mal contre des innocents doivent s'arrêter", "Les Etats-Unis se tiennent aux côtés de l'Autriche, de la France, et de l'Europe toute entière dans le combat contre les terroristes, dont les terroristes islamiques radicaux", a-t-il ajouté.

Dans un premier tweet en français puis en allemand, Emmanuel Macron a assuré que "nos ennemis doivent savoir à qui ils ont affaire. Nous ne céderons rien". Il a ensuite déclaré : "L'Europe est en deuil. L'un des nôtres a été durement frappé par le terrorisme islamiste. Nous pensons aux victimes, à leurs familles, aux vies brisées. La France se tient aux côtés de l'Autriche, prête à apporter son soutien".

La chancelière allemande Angela Merkel a réagi sur Twitter : "Le combat contre ces assassins et leurs instigateurs est notre combat commun", exprimant également à l'Autriche sa "solidarité". L'Union européenne a condamné "avec force" cette "horrible attaque", selon les mots sur Twitter du président du Conseil européen Charles Michel, évoquant "un acte lâche" qui "viole la vie et nos valeurs humaines".

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a écrit, également sur Twitter: "L'Europe est totalement solidaire de l'Autriche. Nous sommes plus forts que la haine et la terreur".

L'Europe sous la menace terroriste

Cette attaque terroriste, dans une ville où la criminalité est habituellement faible, intervient dans un climat très tendu en Europe. En France, trois personnes ont été tuées jeudi dans une attaque au couteau à la basilique Notre-Dame-de-l'Assomption de Nice (sud-est) par un jeune Tunisien récemment arrivé en Europe.

Quelques jours auparavant, la décapitation de Samuel Paty, professeur d'histoire qui avait montré des caricatures de Mahomet à ses élèves dans un cours sur la liberté d'expression, avait choqué en France et au-delà.

L'Autriche avait été jusqu'ici été relativement épargnée par la vague d'attentats islamistes survenue en Europe ces dernières années. En mars 2018, un jeune homme, sympathisant islamiste selon la police, avait attaqué au couteau un membre des forces de l'ordre devant l'ambassade d'Iran à Vienne avant d'être abattu.

En juin 2017, un homme né en Tunisie avait tué un couple âgé à Linz. Il avait déclaré avoir voulu faire un exemple car il se sentait discriminé en tant qu'étranger et musulman.

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