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Gaz hilarant : plusieurs communes d'Ile-de-France prennent des arrêtés pour l'interdire aux mineurs

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Face à l'ampleur du phénomène, cinq communes ont pris des arrêtés pour interdire l'usage du protoxyde d'azote aux mineurs. De son côté l'ANSES alerte sur les dangers et les risques de cet usage détourné.

Des cartouches de protoxyde d'azote, retrouvées dans un parc de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le 18 juillet 2020. Des cartouches de protoxyde d'azote, retrouvées dans un parc de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le 18 juillet 2020.
Des cartouches de protoxyde d'azote, retrouvées dans un parc de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le 18 juillet 2020. © Radio France - Soizic Bour

Branle-bas de combat contre le protoxyde d'azote, le fameux "gaz hilarant", très prisé des jeunes de 20 à 25 ans. L'ANSES (L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) a publié une étude début juillet et alerte sur les risques et appelle à une réglementation de son usage

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Selon cette étude, entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2019, 66 intoxications au protoxyde d'azote ont été enregistrées par les centres anti-poison. Sur les 66 cas, 42 présentaient "a_u moins un symptôme neurologique ou neuromusculaire_" (tremblements, fourmillements, contractions involontaires...).  Cinq personnes ont eu "des symptômes de gravité forte", dont des convulsions. L'une des cinq "a présenté un arrêt cardio-respiratoire avec découverte d'une pathologie cardiaque lors de son hospitalisation". 

De leur côté, plusieurs communes d'Ile-de-France prennent des arrêtés interdisant sa vente aux mineurs : Aulnay-sous-Bois en Seine-St-Denis, Périgny dans le Val-de-Marne, Brunoy en Essonne, Verrière et Maurepas dans les Yvelines. 

"Moins risqué que de fumer du cannabis"

Il faut dire que le phénomène a pris beaucoup d'ampleur depuis le déconfinement. Voilà comment ça se passe : la cartouche grise, qui ne fait pas plus de sept centimètres et habituellement utilisée pour les siphons à chantilly, est détournée de son usage classique pour en faire une drogue euphorisante et hilarante.

Le gaz, le fameux "proto" est vidé dans un ballon de baudruche et ensuite inhalé. "Après notre tête elle tourne", explique Joseph. "J'ai commencé à rien voir, je voyais tout noir, après je suis tombé par terre, je rigolais tout seul", explique-t-il. L'effet dure moins d'une minute. "C'est moins risqué que de fumer du cannabis", estime Simon. "Le ballon ça ne dure que 15 secondes, si tu n'en prends pas trop il n'y a pas de risques". 

Paraplégie et décès dans les cas les plus sérieux

Sauf que les risques sont bien là : nausée, maux de tête et dans les cas les plus graves, séquelles neurologiques, voire paraplégie et, dans les cas les plus sévères, la mort. C'est arrivé en 2018, un jeune homme de 19 ans est décédé après avoir inhalé du protoxyde d'azote

Une pratique en augmentation comme l'a constaté Adil, un habitant de Saint-Denis : "Parfois quand je marche dans la rue je ne vais voir que des bonbonnes de gaz, j'en ai déjà vu une dizaine, une vingtaine, toutes au même endroit, dans les parc ou bien au pied des bancs, sur les trottoirs", raconte-t-il. 

La commune de Saint-Denis justement aimerait elle aussi prendre un arrêté et rejoindre les cinq communes franciliennes à avoir franchi le pas pour interdire la vente du protoxyde d'azote aux mineurs. "Le problème c'est qu'étant donné son utilisation domestique, le protoxyde d'azote est vendu librement, sans contrainte et on peut en trouver de plein de manières différentes", affirme Mathieu Hanotin, le maire (PS) de Saint-Denis. Son maître mot, c'est la prévention, pour lui, il faut travailler avec les hôpitaux et les acteurs sociaux "pour agir sur les consciences des plus jeunes". 

Le Sénat de son côté a déjà voté une loi pour interdire la vente de protoxyde d'azote aux mineurs, en 2019, mais elle n'est toujours pas revenue à l'Assemblée depuis. 

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