Faits divers – Justice

General Electric pourrait délocaliser 400 postes à Belfort

Par Téa Bazdarevic, Pierre Coquelin et Emilie Pou, France Bleu Belfort-Montbéliard mercredi 16 septembre 2015 à 20:03

- Nicolas Raffin

Le groupe s'apprête à supprimer 500 postes aux Etats-Unis. Ils seront transférés vers l'Europe et la Chine. Mais il y a quand même quelques conditions.

Lorsque l'agence américaine de financement à l'export, a été fermé en juin dernier, G.E s'est tourné vers son homologue en France : la COFACE qui accepte d'aider le conglomérat américain à condition d'obtenir de nouveaux contrats. C'est ce qui est en train d'être discuter. On parle notamment d'un gros contrat avec l'Indonésie. En cas de signature, en début d'année prochaine, G.E devrait transférer l'intégralité de la filière des turbines à gaz 50 hertz sur Belfort, soit 400 postes. C'est le seul site à en produire aujourd'hui avec Greenville, aux Etats-Unis.

Pour les dirigeants de G.E, cela sécuriserait d'abord l'emploi sur Belfort et dans cette filière qui souffre actuellement de très peu d'opportunité. Les élus locaux sont eux ravis, à l'image d'Alain Seid, le président de la CCI du Territoire. « Il est évident que nous avons accompagné cette démarche d’alliance entre General Electric et Alstom, dans le but de donner une puissance à nos compétences locales. Je me satisfais de cette annonce, déjà pour l’emploi, pour la ville de Belfort aussi. Cela renforce la Franche-Comté dans sa dynamique actuelle », explique-t-il.

Alain Seid, président de la CCI du Territoire

"Le plan d'économie avec Alstom implique forcément des pertes"

Les syndicats, eux sont plus mesurés. Ils veulent du concret. Comme l'explique Hélène Gonou, déléguée syndicale CFE-CGC chez General Electric Belfort. "Ca laisse perplexe. Cette annonce s’inscrit déjà dans un contexte très brouillé avec l’intégration Alstom. Nous avons des annonces qui vont dans un sens et des actes sur le terrain qui ne vont pas forcément dans le même sens. On nous annonce le retour de 400 emplois, mais la question que l'on se pose, c’est combien y aura-t-il eu de pertes avant ? Le plan d’économie prévu avec Alstom implique forcément des suppressions de postes. On parle de 10 000 dans le monde, 5 000 en Europe. Et 1 500, peut être 2 000 en France", dit-elle.

Hélène Gonou, déléguée syndicale CFE-CGC chez General Electric Belfort.

Sur les 500 postes qui quitteraient les Etats Unis, une grande partie profiterait au site de l'Aire urbaine. Ils viendraient en plus des 1.000 emplois promis par G.E dans le cadre du rachat d'Alstom Power. Le site de Belfort sera fixé en janvier, si les discutions actuelles pour un contrat avec l'Indonésie aboutissent.