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Faits divers – Justice

Les trois hommes impliqués dans la mort du policier Cédric Pappatico condamnés à 23 ans de réclusion criminelle

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Par , France Bleu Pays de Savoie

Après trois heures de délibération, la cour d'Assises du Rhône a condamné ce lundi en appel les trois hommes impliqués dans la mort du policier de la BAC de Chambéry, Cédric Pappatico, à 23 ans de réclusion criminelle. L'avocat de la défense, Me Ripert annonce un nouveau pourvoi en cassation.

Le troisième procès de l'affaire Pappatico s'est tenu devant la Cour d'Assises du Rhône
Le troisième procès de l'affaire Pappatico s'est tenu devant la Cour d'Assises du Rhône © Radio France - Marie AMELINE

Chambéry, France

Le verdict de ce deuxième procès en appel de l'affaire Pappatico, du nom du policier de la Brigade anti-criminalité (BAC) de Chambéry (Savoie), tué le 11 avril 2012 lors du cambriolage du magasin Darty de Saint-Alban-Leysse, est tombé ce lundi soir.

Les trois hommes poursuivis pour vol avec violence ayant entraîné la mort ont été condamnés à 23 ans de réclusion criminelle

Des peines moins lourdes que celles de 29 et 30 ans, prononcées aux Assises de la Savoie en juin en 2016 à l'encontre de Kamel Abbed, Rachid Bellakehal, Nabil Medjadji, et que celles de 23 et 25 ans infligées lors du premier procès en appel en 2017 à Annecy, mais dont la Cour de Cassation a annulé l'arrêt. 

Ces peines revues à la baisse, ça ne me va pas". 

Suzanne Garcia, la mère de Cédric Pappatico , présente à l'ultime audience hier n'a pas caché son mécontentement.

"A chaque procès, ils disent autre chose. Cette fois, ils n'étaient pas dans la voiture qui a écrasé mon fils. Moi, je pense qu'ils sont toujours complices, et avec ma fille Stéphanie, nous allons continuer à nous battre pour que celui qui conduisait et qui vit toujours tranquille en Tunisie soit arrêté et condamné".

Ils n'ont pas à endosser un crime qu'ils n'ont pas commis

Chacun leur tour dans leur plaidoirie ce lundi, les avocats des accusés ont exhorté les jurés "au courage et l'honnêteté. Rendre la justice, ce n'est pas châtier, ce n'est pas de la vengeance, c'est être équitable" insiste Maître Mallem, le défenseur de Nabil Medjadji. 

Jamel Mallem, les yeux fixés sur les jurés, lors de l'audience : "C'est trois-là sont des pilleurs, ils font main basse sur le contenu de magasins, en se disant qu'ils ne portent préjudice à personne puisque les assurances rembourseront. _Des pilleurs, mais pas des tueurs_. D'ailleurs ils agissaient la nuit, ils n'avaient pas d'arme. Et plus important encore, ils ne sont ni auteurs, ni complices dans la mort de Cédric Pappatico, puisqu'ils n'étaient pas dans la voiture au moment où son conducteur Slim Ben Hamed (toujours en cavale en Tunisie) a délibérément écrasé le policier. Dans ce cas que pouvait, que devait faire mon client pour empêcher ce drame ?"

Nul n'est pénalement responsable que de son propre fait

Maître Ripert, l'avocat de Kamel Abbed, condamné 29 ans de réclusion criminelle à Chambéry, 23 en appel à Annecy, et qui n'a pas fait appel de sa condamnation, mais à qui tout de même  la Cour de cassation a étendu l'annulation de l'arrêt de la Cour d'Assises de la Haute-Savoie, Bernard Ripert poursuit sur la même ligne de défense, par un cours magistral de droit. 

Maître Ripert, l'avocat de Kamel Abbed : "Les policiers avaient besoin de les voir dans la Porsche Cayenne pour pouvoir les condamner. Mais aujourd'hui nous sommes tous d'accord, les trois hommes ici présents n'étaient pas dans la voiture. Alors condamnez mon client pour ce qu'il a fait personnellement , un vol en bande organisée c'est 15 ans, mais pas plus. Si vous ne le faites pas, et _si vous suivez les réquisitions de l'avocat général, nous nous pourvoirons à nouveau en cassation_. Ce n'est pas une menace, mais un simple avertissement".

"La mort de Cédric Pappatico est volontaire. C'est un crime qualifié dans ce dossier de circonstance aggravante."

"Dans ce dossier, un seul élément est grave, c'est la mort de Cédric Pappatico. Une mort volontaire, là-dessus nous sommes unanimes, qui n'est pas considérée comme _un crime, mais comme une circonstance aggravante_", poursuit dans une oeuvre pédagogique Maître Ripert auprès des douze jurés

"Nous sommes en présence d'un meurtre pour lequel l'auteur n'est ni poursuivi, ni ne sera condamné. Compte-tenu que la mort de Cédric Pappatico ne constitue pas une circonstance aggravante au vol, mais bien d'un événement indépendant, en l'occurence un crime, si vous deviez dire que ce n'est pas un crime, et que vous condamnez mon client pour circonstance aggravante, vous tueriez Cédric Pappatico une seconde fois."

Reconnus coupables de vol avec violence ayant entraîné la mort

En répondant oui par une majorité d'au moins 8 voix à toutes les questions qui leur étaient posées, et en infligeant à la majorité absolue une peine de 23 ans de réclusion criminelle à chacun des trois accusés, les jurés n'ont visiblement pas été sensibles aux arguments de la défense.

Nouveau pourvoi en cassation, et peut-être un quatrième procès

Dès l'énoncé du verdict, et comme il l'avait laissé présager, l'avocat de Kamel Abbed, Bernard Ripert a annoncé que ce client se pourvoyait en cassation "dès demain mardi. Nous nous battrons jusqu'à ce que la justice rende la justice, et admette que mon client, et les deux autres accusés, n'ont rien à voir dans ce crime". L'avocat général comme l'épouse de Cédric Pappatico l'ont d'ailleurs reconnu et dit à l'audience. 

Sandrine Pappatico ayant une nouvelle fois demandé que le conducteur de la Porsche soit "arrêté et puni pour avoir écrasé son mari" a une nouvelle fois martelé l'avocat de la défense, tout en admettant qu'il est rare que la Cour de cassation casse deux fois un arrêt dans un même dossier.