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Gil Andreau : "La police est un mal nécessaire"

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Gard Lozère

Gil Andreau, directeur de l'école de police de Nîmes, était l'invité de 7h50 ce mercredi sur France Bleu Gard Lozère. Il s'est exprimé sans aucune langue de bois sur la polémique actuelle autour des accusations de violences et attitudes racistes présumées de certains policiers.

Gil Andreau, directeur de l'école de police de Nîmes
Gil Andreau, directeur de l'école de police de Nîmes © Radio France - Jérôme Plaidi

Depuis plus de 20  ans, l'école de police de Nîmes forme chaque année près de 2.000 élèves et stagiaires. Et ces derniers jours, l'atmosphère autour des violences policières est très pesante. La polémique autour de possibles pratiques racistes a beaucoup de mal à s'apaiser.

C'est dans ce contexte que Gil Andreau a accepté notre invitation, après avoir dû demander des autorisations au plus haut niveau de sa hiérarchie pour pouvoir s'exprimer sur France Bleu Gard Lozère car évidemment le sujet est extrêmement sensible.  

C'est particulièrement difficile d'être flic en ce moment ?

Non, je ne pense pas que ce soit difficile, dans la mesure où on a des valeurs et le sens de servir la République. C'est pour cela qu'on nous appelle gardiens de la paix, même si exercer ce métier n'est pas toujours facile. 

Comment est-ce que vous vivez cette situation et quel message faites vous passer à vos élèves gardiens de la paix ?

Un  message d'abord de déontologie, c'est le fil rouge de la formation de tout policier. Il y a des cours spécifiques, mais aussi des interventions d'associations comme la LICRA ou du défenseur des droits. Et puis nous sommes très fiers à Nîmes d'être à l'origine du superbe film il y a deux ans sur l'Histoire de la police, dans ses heures glorieuses, mais aussi ses moments noirs.

Et c'est l'occasion de débattre avec les élèves, de les faire réfléchir. Notre rôle aussi en cours d'année scolaire c'est de détecter des cas d'élèves qui n'auraient pas nos valeurs et de prendre les mesures nécessaires.

Edouard Philippe a tenté d'apaiser la polémique actuelle  sur les violences policières en appelant au "respect et à la confiance" vis-à-vis de la police, mais aussi à "l'exigence" . Si on décrypte les propos du Premier ministre il y a un soutien clair, mais une demande tout aussi claire de lutter contre toute forme de racisme au sein de la police, comme l'avait indiqué Christophe Castaner quelques heures auparavant. Il faut sanctionner, exclure ceux qui pourraient tenir des propos ou adopter des comportements racistes ?

Mais bien sûr ! Très clairement. Nous aussi, à l'école de police, nous sanctionnons si c'est nécessaire. Quelqu'un qui n'a pas nos valeurs républicaines n'a pas sa place parmi nous. C'est une évidence.

Olivier Marchal, réalisateur de cinéma et ancien policier, a publié une tribune intitulée "larmes de flics". Dans cette tribune, il écrit notamment : "Oui, il y a des flics qui ne méritent pas de pitié (…), qui se comportent parfois de façon pitoyable. Mais combien sont-ils ? Si peu, si vous saviez".

C'est marrant parce que nous avons fréquenté le même commissariat à Paris il y a très longtemps. D'ailleurs il n'a pas toujours été tendre avec ses anciens collègues dans ses films. Mais là j'adhère bien sûr à ses propos.

Des politiques, des chanteurs, des acteurs, s'expriment beaucoup en ce moment et contribuent aussi à alimenter cette polémique. Vous leur en voulez ?

Ils devraient parfois réfléchir davantage avant de s'exprimer. Oui la police est un mal nécessaire, que serait un pays sans police ?  Ce qui ne veut pas dire qu'elle a tous les droits et qu'elle ne doit pas être contrôlée et sanctionnée quand il y a des erreurs. Tous ces artistes, ces belles âmes, j'aimerais que des deux côtés, ils soient objectifs et ce n'est pas toujours le cas.

Franchement, je ne crois vraiment pas que nous puissions comparer notre situation avec les États-Unis, loin de là ! Alors, quand j'entends une chanteuse (NDLR Camelia Jordana) raconter des stupidités pareilles, je crois qu'elle ferait mieux de tourner sa langue dans sa bouche avant de parler.

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