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Faits divers – Justice DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Gilets Jaunes : à Dijon, ce ne sont pas des casseurs que la justice a jugé en comparution immédiate

mardi 4 décembre 2018 à 0:34 Par Thomas Nougaillon, France Bleu Bourgogne

A Dijon, après les scènes de violence de samedi où l'on a vu la porte de la mairie incendiée, des sapins brûlés contre la grille du Palais des Ducs, 7 jeunes hommes ont été présentés en comparution immédiate au tribunal correctionnel ce lundi. Mais aucune condamnation n'a été prononcée.

Tribunal de Grande Instance de Toulouse, un gilet jaune comparaît fin novembre 2018 (illustration)
Tribunal de Grande Instance de Toulouse, un gilet jaune comparaît fin novembre 2018 (illustration) © Maxppp - XAVIER DE FENOYL

21000 Dijon, France

Après les véritables émeutes de samedi dernier ce lundi des dizaines de suspects étaient jugés en comparution immédiate partout en France... Au tribunal correctionnel de Dijon 7 jeunes hommes âgés de 21 à 37 ans étaient ainsi appelés à la barre. Ils étaient poursuivis pour "participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destructions de biens" certains devaient également répondre de "violences sur une personne dépositaire de l'autorité publique sans incapacité". Mais les accusés n'avaient pas vraiment le profil de "casseurs". Tous ont en effet un travail, sont socialement insérés et ont des casiers judiciaires vierges. Tous, sauf un, il s'agit d'Alexandre, un homme de 32 ans. Sans emploi, il survit du RSA et a été condamné en 2005  pour exhibition sexuelle. 

Maître Jean-Baptiste Gavignet devant le Tribunal de Grande Instance de Dijon début octobre 2018 - Radio France
Maître Jean-Baptiste Gavignet devant le Tribunal de Grande Instance de Dijon début octobre 2018 © Radio France - Thomas Nougaillon

Ce lundi, aucune condamnation n'a été prononcée. Maître Jean-Baptiste Gavignet, défendait l'un de ces hommes, son client était accusé d'avoir jeté des pierres vers les forces de l'ordre. Il ne s'est pas privé pour dénoncer une audience bâclée et mal ficelée. "Normalement quand on est renvoyé en comparution immédiate on doit avoir un dossier qui est prêt. Là en l'occurrence le dossier n'a pas pu être examiné dans la mesure où le procureur n'avait même pas pris le soin d'aviser la victime déclarée des faits pour lesquels mon client allait comparaître. Et ce alors que nous avons un homme qui demandait à être jugé immédiatement. Bref, quand un dossier n'est pas prêt on ne le renvoi pas en comparution immédiate." La justice a t-elle voulue aller trop vite? "C'est effectivement l'impression que l'on a dans ce dossier. C'est qu'il fallait impérativement apporter une réponse judiciaire pour donner un signal aux "Gilets Jaunes" mais cela ne peut pas se faire au mépris des droits des individus et au mépris des droits de mon client" conclut maître Gavignet. 

"Ces personnes interpellées et présentées à la barre étaient en première ligne, certaines ont jeté des cailloux"

Aucun élément de preuve n'est venu étayer l'accusation. Tant et si bien que certains avocats de la défense  ont également évoqué une procédure "bancale". Thierry Bas, le procureur-adjoint s'en défend. "Ce n'est pas quelle est bancale. Ces personnes amenées à la barre sont des personnes qui ont été interpellées par des policiers comme étant en première ligne pour certaines elles ont jeté des cailloux et pour d'autres ont pris part à des regroupements violents. Les preuves factuelles sont les déclarations des policiers et pour moi jusqu'à nouvel ordre la parole des policiers mérite d'être prise avec une large considération". Thierry Bas qui se défend d'avoir voulu frapper fort, frapper vite pour faire un exemple. "Non absolument pas. On a réussit à interpeller sept ou  huit personnes. La notion d'exemplarité n'existe pas. On ne s'est pas servi de boucs émissaires. Simplement on a pu interpeller ceux qui étaient en première ligne sur les barricades, mettant le feu ou jetant des cailloux.

De nouvelles comparutions dans quelques semaines et deux relaxes

Cinq des sept prévenus ont été placés sous contrôle judiciaire en attendant une nouvelle comparution fin décembre ou début janvier. En attendant ils ont l'obligation de pointer au commissariat tous les 15 jours. Deux d'entre eux -contre lesquels le parquet avait requis 4 à 6 mois de prison avec sursis- ont été purement et simplement relaxés à l'issue de l'audience.