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Faits divers – Justice
Dossier : Mouvement des "gilets jaunes"

Gilets jaunes devant le tribunal correctionnel de Bordeaux : "C'est ma rage, je ne crois plus au système"

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Par , France Bleu Gironde

Le tribunal correctionnel de Bordeaux jugeait ce lundi deux individus interpellés en marge de la manifestation des Gilets jaunes de ce week-end.

Des affrontements ont à nouveau éclaté ce samedi lors du rassemblement des Gilets jaunes à Bordeaux.
Des affrontements ont à nouveau éclaté ce samedi lors du rassemblement des Gilets jaunes à Bordeaux. © Radio France - Camille Huppenoire

Bordeaux, France

Son profil et sa colère presque désespérée envers la société ont désemparé le tribunal. Le jeune homme de 26 ans, dont presque 10 passés entre la rue et la prison, est accusé d'avoir fait brûler une poubelle de la Ville de Bordeaux et d'avoir lancé des projectiles sur les forces de l'ordre, ce samedi, lors d'affrontements en marge de la manifestation des Gilets jaunes. La poubelle, il le reconnaît volontiers. Les projectiles, non. La violence, dit-il, il en a été la victime. "C'est moi qui ai pris un tir de flashball, dans le genou." Son ton est calme, son débit posé, il conteste fermement et a réponse à tout. 

Pensez-vous servir le mouvement en faisant cela ?

Sur la poubelle brûlée, "Vous le referiez?" lui demande-t-on. "Je ne crois pas, pour ne pas revenir ici." La présidente du tribunal, appréciant la clarté des explications et de l'expression, insiste : "Pensez-vous servir le mouvement (des Gilets jaunes) en faisant cela ?" Il n'hésite qu'une poignée de secondes, puis "oui, je le maintiens, je le sers." Son parcours, il le reconnaît, est "chaotique. Je n'avais pas mes parents." Il a déjà été condamné plusieurs fois, pour vol, extorsion, abus de confiance ou encore détention de stupéfiants. Derrière son récit, "un appel à l'aide envers la justice" plaide son avocat et une émotion qui semble sincère, tout comme sa peur, palpable, de ne pas sortir d'une "spirale infernale."

35 heures de Travail d'Intérêt Général

En enfilant un gilet jaune, en se rendant aux rassemblements bordelais, le prévenu a trouvé un moyen d'exprimer sa rage contre un système auquel, dit-il, il ne croit plus. Si la procureure salue ses capacités de réflexion, elle requiert un an de prison...car c'est la deuxième fois qu'il est interpellé durant un rassemblement de gilets jaunes à Bordeaux. Le tribunal préfère lui proposer 35 heures de Travail d'Intérêt Général. Le jeune homme accepte, mais en apprenant qu'il est libre, et devra dormir dans la rue plutôt qu'en prison, c'est le désespoir qui se lit à nouveau sur son visage.  

Une interdiction de manifester sur Bordeaux durant un an

L'autre prévenu ce lundi, au profil radicalement différent, était accusé d'avoir transporté jusqu'à Bordeaux, puis distribué, ce samedi, des produits incendiaires : fumigènes, pétards de diverses tailles et feux d'artifice. Ce père de famille de 47 ans, en CDI, ne parvient pas à expliquer son geste. Dans les manifestations bordelaises des Gilets jaunes, il n'est que "street médic" dit-il, c'est-à-dire volontaire pour porter secours aux éventuels blessés. Les engins pyrotechniques, c'est simplement sa passion. "J'ai confondu ma passion avec les Gilets jaunes" bredouille-t-il. Il a été interdit de toute manifestation sur le territoire de Bordeaux Métropole, pour une durée d'un an. "Que cela lui serve de leçon" conclut le tribunal.

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