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Faits divers – Justice DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Montargis : jusqu'à 3 mois de prison avec sursis pour des gilets jaunes qui avaient muré les impôts

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Par , France Bleu Orléans, France Bleu

Fin novembre, ils avaient muré le centre des impôts de Montargis. Neuf gilets jaunes comparaissaient ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Montargis pour dégradation. Une centaine de personnes est venue en soutien.

Parmi les neuf prévenus, il y avait le très médiatique Côme Dunis
Parmi les neuf prévenus, il y avait le très médiatique Côme Dunis © Radio France - Cyrille Ardaud

Montargis, France

Neuf prévenus, et une centaine de personnes pour les soutenir. Des gilets jaunes comparaissaient ce mercredi après-midi devant le tribunal correctionnel de Montargis pour des dégradations. Dans la nuit du 28 au 29 novembre dernier, ces hommes âgés de 19 à 48 ans avaient muré l'entrée du centre des impôts de Montargis. Parmi eux, le médiatique Côme Dunis.

Des visages dissimulés 

Ce soir là, une dizaine de personnes qui avaient dissimulé leur visage avec des cagoules et des foulards avaient construit un mur d'environ un mètre soixante de haut devant l'entrée du centre des impôts. Ils avaient également injecté de la mousse expansive dans le mécanisme d'une porte. Interpellés par la BAC, ils se revendiqueront tous du mouvement des gilets jaunes durant leur garde à vue. La direction a quant à elle porté plainte, et s'est constituée partie civile. Elle a réclamé 250€ pour la remise en état.

Un public trop important pour la salle d'audience

Un appel au rassemblement avait été lancé pour soutenir les neuf prévenus. Une centaine de personne environ a fait le déplacement. La salle d'audience étant trop petite pour contenir tout le monde, la plupart d'entre eux a du rester dehors. Pour tenter de suivre le débats, certains se sont collés aux vitres, sous les yeux de nombreux policiers et gendarmes mobilisés pour l'occasion.

Mais loin de l'agitation extérieure, l'audience s'est déroulée dans le calme et la sérénité. L'espace de quelques secondes elle s'est transformée en tribune lorsque Côme Dunis a pris la parole : "Ce mur était purement symbolique ! Nous voulions dénoncer le matraquage fiscal, alors que de grandes entreprises comme Amazon ou Google ne paient pas d'impôts."

"On ne savait pas vraiment où on allait."

Cette action a été décidée un peu au dernier moment, alors que certains étaient alcoolisés : "J'avais bu quelques bières avant, quelques bières sur le rond-point cacahuète, quelques bières après." racontera l'un des prévenus au cours de sa garde à vue. Une mission montée dans l'emballement. Pour l'un des gilets jaunes : "On ne savait pas vraiment où on allait. On aurait fait ça à une banque, ça aurait été pareil." "D'ailleurs quand j'ai vu où on était j'étais sur le cul" explique un autre prévenu au cours de la procédure.

Mais au cours de l'audience, on n'en saura pas plus sur le rôle et l'implication des uns et des autres. Durant les auditions, chacun tentera de se dédouaner expliquant que son rôle s'est limité à charger ou conduire la camionnette. "On ne sait pas qui a tenu la truelle !" s'amuse le président.

"Ce soir là on a bien rigolé avec la police."

Les neuf hommes nient être violents. "La mousse expansive que l'on a utilisée se nettoie facilement" détaille Michel Blain, avant de poursuivre : "Nous savions que personne n'était à l'intérieur, c'est pour ça que nous avons touché aux sorties de secours, sinon nous ne l'aurions pas fait."

Moment un peu surréaliste quand les prévenus, novices des mouvements sociaux et des manifestations, racontent leur garde à vue : "Ce soir là on a bien rigolé avec la police. En garde à vue, ça s'est formidablement bien passé" explique l'un d'eux.

Dans ses réquisitions le procureur de la République saluera le comportement des neuf hommes : "Un comportement de personnes responsables qui entendent assumer leur responsabilité." Il requiert trois mois de prison avec sursis pour tous, ainsi que 105 heures de travail d'intérêt général pour l'un d'eux qui a déjà un casier judiciaire. "Une peine symbolique" précisera-t-il.

Le tribunal condamnera huit prévenus à trois mois de prison avec sursis, des peines non inscrites aux casiers judiciaires. Le neuvième gilet jaune, Alexandre Boulay, sera lui condamné à 90 jours amende à deux euros.