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Faits divers – Justice

"Gilets jaunes" : 4 manifestants condamnés à des peines de prison ferme par le tribunal correctionnel du Mans

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Par , France Bleu Maine

Six "gilets jaunes" étaient jugés ce mardi en comparution immédiate par le tribunal correctionnel du Mans. Ils ont été condamnés à des peines de prison avec sursis, jusqu'à 6 mois de prison ferme.

Acte 14 des manifestations des "gilets jaunes" au Mans (Sarthe), le 16 février 2019.
Acte 14 des manifestations des "gilets jaunes" au Mans (Sarthe), le 16 février 2019. © Radio France - Pauline Pennanec'h

Le Mans, France

"Ça a été beaucoup plus violent, c’est évident : on a franchi un cap", reconnaissent les juges et avocats de la défense et des parties civiles, trois jours après le 14e acte de manifestation des "gilets jaunes" au Mans. La manifestation, surnommée "24h Pacifiq'Mans", était prévue pour durer, mais la situation a dégénéré dans le centre-ville dès le début de l’après-midi. Au total, dix personnes avaient été interpellées la police, après les dégradations et les violences commises en marge du rassemblement. Six d’entre eux étaient jugés ce mardi en comparution immédiate par le tribunal correctionnel du Mans.

"Je suis fier d'être gilet jaune"

La salle est comble de "gilets jaunes", tous présents pour soutenir leurs "camarades", jugés tour à tour à la barre du tribunal. Dans le box des prévenus, il y a d’abord ce conducteur de bus âgé de 50 ans, marié et père de deux enfants, et son neveu âgé de 21 ans, interpellés dans la soirée de samedi. Le premier affirme qu’il participe au mouvement depuis le 17 novembre, et qu’il est "fier d’être gilet jaune". Fier, mais au moment de son interpellation, il l’a retiré. 

"Je regrette d'avoir retiré mon gilet jaune, mais à ce moment-là, j’ai eu une faiblesse"

Tous les deux sont jugés pour outrage et rébellion envers les forces de l’ordre : "On n’est pas des casseurs", répète le premier au micro, "On ne peut pas tout faire, on essaie de les écarter, mais on n’a pas à payer pour eux. On se met à courir parce qu’on tient à notre intégrité physique." Le second assume avoir insulté un policier "de baltringue, d’abruti". Mais les policiers leur reprochent aussi d’avoir tenté de se débarrasser d’un sac rempli de bouteilles en verre avant de se faire interpeller, ce qu’ils nient en bloc. 

"Une provocation incessante" pour le parquet qui, à chaque début de semaine, doit juger des gilets jaunes, et "il est plus que temps que ce jeu du chat et de la souris cesse". Pour les avocats des prévenus, cela aurait été bien que "les casseurs soient jugés pour ce qu’ils ont fait et qu’il ne faudrait pas que les deux prévenus soient condamnés pour ce qu’ils n’ont pas fait. Tous deux ont été condamnés à 6 mois de prison avec sursis et à payer 400 euros à chacun des deux policiers.

Une bouteille envoyée sur un policier

S’en suit un homme de 32 ans, interpellé à 22h50 aux abords de la préfecture. Pour sa 9e participation aux manifestations des gilets jaunes, le prévenu est jugé pour avoir jeté une canette de bière en verre sur un policier. Résultat : 5 jours d’ITT. "Je l’ai vu charger comme un fou sur un gilet jaune et j’ai eu un réflexe stupide. J’ai eu la sensation qu’il allait faire une mauvaise intervention, je n’ai pas réfléchi", déclare l’homme dans le box, qui assure ne pas les avoir "cherché" avant. "Je n’aurai pas jeté ma canette si je n’avais pas senti un autre gilet jaune en danger." "Pourquoi est-ce que vous participez à cette manifestation qui dégénère, et que vous restez ?", demande le président du tribunal. "Nous, on est là pacifiquement. On refuse de laisser la rue aux casseurs", répond le prévenu, qui s’excuse auprès du policier.

"En tant que citoyen, je vous le dis, vous desservez la cause que vous croyez servir", répond Me Pelletier, avocat des parties civiles. "Sa petite-fille s’est mise à pleurer quand elle a vu le visage que vous lui avez fait, en voyant son père rentrer. Les fonctionnaires de police sont là pour vous protéger, ils ne sont pas votre paillasson." Me Pelletier qui continue sa plaidoirie : "Il serait temps de réfléchir à la manière d’assainir vos rangs et de faire la police à l’intérieur de votre manifestation. Même les syndicats les plus à gauche ont un service d’ordre."

Quatre mois ferme ? Un choc carcéral, ça ne suffit pas ? - Me Martin

Le Parquet avait requis 8 mois de prison dont 4 avec sursis. "Je vous demande de ne pas infliger des peines magistrales à des gens parce qu’il faut avoir des bouc-émissaires", assure l’avocate du prévenu Me Martin. "Effectivement, c’est le dossier le plus grave, mais est-ce que vous pensez qu’il l’a voulu ? C’est la tragédie, il n’a pas eu de bol. Ce n’est pas un casseur, loin de là. C’est un homme qui a des convictions. Et on sait aussi que les policiers ont des gestes malheureux." Le prévenu aura écopé de 6 mois de prison.

30.000 euros de dégâts sur le Palais de Justice

Un homme de 36 ans, originaire de Chambray-les-Tours, a été condamné à 12 mois de prison dont 6 mois assortis d'une mise à l'épreuve de deux ans. pour avoir notamment jeté une pierre sur le Palais de Justice du Mans. L’homme était "équipé" selon les juges. Un devis a été fait pour le montant total des dégâts : 29.280 euros hors taxe. "Vous êtes majeur Monsieur, qu’est-ce qui vous prend ?", lui lance le président, ce à quoi il répond : "Je me suis fait influencer par les autres. Je regrette, je ne reviendrais plus au Mans." 

Les vitres du Palais de justice du Mans, le 16 février 2019 au Mans. - Radio France
Les vitres du Palais de justice du Mans, le 16 février 2019 au Mans. © Radio France - Pauline Pennanec'h

Parmi les autres gilets jaunes jugés, ce jeune homme de 23 ans, ascensoriste en CDI, qui écope de 8 mois de prison dont 4 mois assortis d'une mise à l'épreuve de deux ans, mais aussi 300 euros pour chacun des trois policiers, pour avoir fait des doigts d’honneur et  jeté des cailloux sur des fonctionnaires de police. "Ce n’est pas le plus dangereux mais c’est le plus bête de l’après-midi", pour Me Proust, avocat des parties civiles. "La réponse pénale est parfaitement inadaptée. Tout ça pourquoi ? Parce que M. est gilet jaune", plaide Me Wozniak, avocate du prévenu. 

Un autre "gilet jaune", l’un des plus téméraires depuis le début du mouvement en Sarthe, a lui été condamné à 6 mois de prison dont trois mois assortis d'une mise à l'épreuve et de soins. Déjà plusieurs mentions à son casier, le tribunal le condamne pour avoir insulté les policiers et projeté une canette de bière envers l’un d’eux. "Je ne fais pas partie des gens qui cassent", s’est défendu l’homme de 51 ans. Il reste en détention.

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