Faits divers – Justice

Gironde : deux départs d'incendie volontaires à Arès, au centre choisi pour accueillir des migrants de Calais

Par Yves Maugue, France Bleu Gironde et France Bleu vendredi 14 octobre 2016 à 15:11

Le CCAS d'EDF à Arès a été victime de dégradations
Le CCAS d'EDF à Arès a été victime de dégradations © Radio France - Stéphane Hiscock

Le préfet de la Gironde et le maire de la commune ont condamné ce vendredi les dégradations commises à Arès sur le Bassin d'Arcachon. Le centre du CCAS envisagé pour accueillir une trentaine de migrants de la jungle de Calais a été la cible dans la nuit de deux départs de feu d'origine criminelle.

Des dégradations ont été commises dans la nuit de jeudi à vendredi sur le centre du CCAS d’EDF à Arès sur le Bassin d'Arcachon. Deux départs d’incendie ont endommagé le portail extérieur du site du CCAS et la porte d'entrée de son bâtiment principal, sans se propager au-delà. Des traces d'hydrocarbures ont été trouvées par les gendarmes qui ont fait les premières constatations ce vendredi matin. Une enquête est en cours mais l'origine criminelle est très largement privilégiée.

Là où l'affaire prend une autre envergure, c'est que ces deux départs de feu interviennent contre le site prévu pour accueillir dans les prochaines semaines une trentaine de migrants de la jungle de Calais. Leur arrivée à Arès a provoqué des remous ces derniers jours. Le conseil municipal s'est prononcé contre leur venue. Une double manifestation, pour et contre, s'est également déroulée le week-end dernier. Le préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, préfet de la Gironde, Pierre Dartout, dans un communiqué, "condamne vivement ces actes et réaffirme l’engagement des services de l’État pour contribuer, dans le cadre de la politique mise en œuvre par le Gouvernement, à l’accueil des migrants de Calais". Il annonce que des mesures de sécurisation seront prises mais n'envisage pas de renoncer à l'accueil des migrants à Arès, précisant que le gestionnaire du site est toujours d'accord pour mettre à disposition l'hébergement prévu.

Pierre Dartout : "J'espère que les responsables seront trouvés et punis."

Le maire condamne mais rejette la responsabilité sur l'Etat

Jean-Guy Perrière, maire d'Arès, a lui aussi condamné cet acte de vandalisme qui vient jeter, selon lui, "de l'huile sur le feu". Mais l'élu réaffirme dans le même temps la position de son conseil municipal qui s'est prononcé contre l'arrivée des migrants.

L'État a voulu imposer sa loi. Je peux le comprendre mais je lui transferts toute la responsabilité de ce qui se passe aujourd'hui.

— Jean-Guy Perrière, maire d'Arès

Jean-Gy Perrière

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