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Faits divers – Justice DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Gironde : en marge des gilets jaunes, trois hommes condamnés pour vol par le tribunal de Bordeaux

jeudi 6 décembre 2018 à 18:58 Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde

Trois hommes étaient jugés ce jeudi après-midi par le tribunal correctionnel de Bordeaux, pour avoir volé des outils et divers objets dans un local de Vinci Autoroutes, la nuit du saccage du péage de Virsac. L'un a été condamné à un an de prison ferme, les deux autres à des peines avec sursis.

La salle des pas perdus du tribunal correctionnel de Bordeaux
La salle des pas perdus du tribunal correctionnel de Bordeaux © Radio France - Loïck Guellec

Bordeaux, France

C'était les premiers comparutions immédiates devant le tribunal correctionnel de Bordeaux dans l'affaire du saccage du péage de Virsac pendant la mobilisation des gilets jaunes : trois habitants de Haute-Gironde, âgés de 25 à 29 ans, étaient jugés ce jeudi après-midi pour vol avec effraction et en réunion. Les faits avaient été commis au péage de l'Autoroute A 10, à Virsac, au début de la contestation, dans la nuit du lundi 19 au mardi 20 novembre, la même nuit où ce péage avait été saccagé.

L'un d'entre eux, sous le coup d'une libération conditionnelle pour une autre condamnation, a écopé d'un an de prison ferme, avec mandat de dépôt à l'audience. Les deux autres prévenus ont été condamnés à six mois de prison avec sursis.

Dans ces réquisitions, la procureure a insisté d'entrée sur le contexte,  avec ces images du péage de Virsac littéralement mis à sac "qui nous ont valu les honneurs de la presse nationale et la visite d'un ministre". "Ce qu'ils ont commis cette nuit là n'était pas un simple cambriolage, ils ont profité lâchement de l'état de siège pour se servir".  Elle a alors réclamé une peine de 18 mois de prison ferme à l'encontre de Jordan, 28 ans, déjà condamné par le passé dans trois autres affaires, et 6 à 8 mois de prison avec sursis pour ses deux complices. 

Des vols commis dans un local de Vinci Autoroutes 

Dans leur viseur des trois hommes, cette nuit-là : un local administratif , situé un peu à l'écart de la barrière de péage. Ils ont brisé une vitre au premier étage, se sont fait un café, se sont servis dans le réfrigérateur, puis dans une autre salle,  ont font main basse sur les outils, un ordinateur portable, et des vêtements siglés Vinci stockés là. Divers objets qu'ils voulaient revendre, mais qu'ils ont fini  pour la plupart par jeter dans la Garonne le lendemain. C'est grâce aux empreintes laissés sur place par Jordan, fiché depuis sa condamnation, que les gendarmes de la section de recherches de Bordeaux ont retrouvé sa trace, il a ensuite donné le nom de ses deux complices. 

Dans le box, encadré par cinq policiers, les prévenus ont répété, un peu penauds,  qu'ils "n'étaient pas venus pour ça. On était là, simplement par curiosité, on s'est laissé entraîner, on n'a pas réfléchi, on a fait les cons, on ne sait pas ce qui nous est passé par la tête". Ce que confirme à l'issue de l'audience  Thomas , un de ces prévenus.   "Je m'en sors bien, je voulais éviter une peine de prison ferme, et ma garde à vue m" a permis de réflechir". "J'ai compris que j'étais  parti trop loin, on était entre copains, un coup de folie. On s'est laissé emporter par le mouvement de foule, pas par le mouvement des gilets jaunes". 

On a déconné, c'est une erreur de jeunesse. - Thomas, 28 ans, de Bourg-sur-Gironde, l'un des prévenus. 

"Je m'en sors bien, mais j'ai eu très peur" Thomas, l'un des prévenus

"Les choses ont dégénéré, mais était-ce leur faute?", a demandé maître Alexandre Novion pour la défense de Jordan. "Ils ont agi par instinct, ils ont suivi la foule. Et dans cette foule de deux mille personnes, les casseurs incendiaires eux n'ont pas été arrêtés. Il ne faut pas qu'ils paient pour tous les autres" _"Non, ils ne sont pas responsables du contexte, mais le contexte a eu une responsabilité sur leur comportement "_a ajouté dans sa plaidoirie Arnaud Bayle, l'autre avocat de la défense. 

Une peine de prison ferme prononcée 

Après l'énoncé du jugement, Maître Alexandre Novion a parlé d'une décision "d'une grande sévérité" pour son client, et envisage de faire appel. "Son casier judiciaire , sa condamnation par le passé pour des faits lourds, mais qui n'avaient rien à voir, ont pesé. On condamne lourdement un voleur de pacotille" 

On casse son avenir, alors qu'il n'a pas cassé grand chose - Maître Alexandre Novion 

"C'est une décision qui casse son avenir, alors qu'il n'a pas cassé grand chose" Maître Alexandre Novion

Les comparutions immédiates vont se poursuivre ce vendredi, après les vols et exactions commis cette nuit-là au péage de Virsac : trois jeunes âgés de 19 ans comparaissent à 14h pour dégradations de biens d'autrui et vols avec effraction et en réunion. Enfin, trois mineurs de 16 et 17 ans sont présentés dans la journée à un juge des enfants de Libourne, pour les mêmes chefs de poursuites.