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Faits divers – Justice

Gironde - Procès du viol de Saint-Macaire : "Il m'a condamnée à perpétuité"

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Par , France Bleu Gironde

Plus de deux ans après les faits, le procès du viol de Saint-Macaire a commencé ce jeudi devant la cour d'assises de Gironde. La victime a tenu à ce que le procès soit public. L'accusé reconnaît la majorité des faits mais peine à s'expliquer.

La salle de la cour d'assises de Gironde
La salle de la cour d'assises de Gironde © Radio France - Pierre-Marie Gros

Bordeaux, France

"J'ai cru que j'allais mourir." Lorsqu'elle se remémore, à la barre, l'agression subie le 8 juin 2016 à Saint-Macaire, Leïla se tient droite mais sa voix tremble. Ce jour-là, elle prend le soleil sur les hauteurs de l'ancien petit port du village situé dans l'Entre-deux-Mers. Elle raconte qu'elle entend soudain "un râle" dans son dos, et qu'un homme portant une cagoule, muni d'un couteau, lui saute dessus. Elle est poignardée dans le dos, violée à plusieurs reprises, avant de parvenir à s'enfuir. Peu de temps après, un jeune homme de 20 ans, inconnu des services de police, sera interpellé avec l'aide d'un ami de Leïla, chez qui elle part chercher de l'aide.

L'accusé reconnaît les faits mais nie avoir voulu "la jeter dans la Garonne"

Devant la cour d'assises de Gironde, ce jeudi, l'accusé reconnaît, comme devant les gendarmes et le juge d'instruction auparavant, la majorité des faits. Les viols, oraux, vaginaux et anaux, le couteau qu'il a planté dans l'omoplate de la victime lorsqu'elle tente une première fois de s'enfuir. "Oui" répète-t-il inlassablement aux questions sur les actes que Leïla dit avoir subi. Mais la cour peine à lui arracher autre chose que des monosyllabes et de courtes phrases. 

Leïla : "Je veux qu'il prenne la peine maximale, car moi il m'a condamnée à perpétuité."

Sur la conviction de la victime que son agresseur allait la tuer et jeter son corps à la rivière, l'avocat général insiste, malgré les silences répétés de l'accusé, qui finit par affirmer "je n'ai jamais voulu la jeter dans la Garonne." L'avocat général : "mais pourquoi alors, lui parlez-vous [de la rivière] ?" Le silence se prolonge, puis, d'une voix faible : "c'était pour prendre un bain..."

Un jeune homme à l'imaginaire nourri aux films pornographiques

Incarcéré depuis les faits, l'accusé, 23 ans désormais, peine à mettre des mots sur ces actes. Sa défense parviendra à lui faire prononcer des excuses, et le mot "viol", en fin d'audience ce jeudi. Face à la victime, une quadragénaire petite et mince, l'homme, près d'1m90 et plus de 100 kilos, présente un contraste saisissant. Marqué dans l'enfance par le divorce de ses parents, pas intéressé par l'école, "faible intellectuellement" selon un expert psychiatre, il parle de son "mal-être" qui aurait pu le pousser à l'acte.  

Il a des difficultés avec son poids, ce qui rend difficiles ses relations avec le sexe féminin" - Expert psychiatre devant la cour d'assises de Gironde

A l'époque des faits, il est sans emploi, admet passer beaucoup de temps sur son ordinateur où il regarde des vidéos sur sa passion, l'auto-moto, et beaucoup de films pornographiques : 8 par jour en moyenne sur les six mois précédant l'agression, selon les relevés effectués par les enquêteurs sur son ordinateur. 

Je veux qu'il prenne la peine maximale, car moi, il m'a condamnée à perpétuité" - Leïla, la victime

A la sortie de la cour, Leïla confie sa déception à France Bleu Gironde. Elle espérait des réponses, des explications, elle n'en a pas eu. "On a compris que c'était un pervers" dit-elle, reprenant le terme avancé par l'expertise psychiatrique. "On a du mal à comprendre pourquoi il est passé à l'acte, moi en tout cas.

Maître Marie Mescam, avocate de la victime : "Il faut exposer ces faits"

L'accusé encourt 20 ans de réclusion criminelle, pour viol commis avec usage d'une arme. Le verdict est attendu ce vendredi en fin d'après-midi. 

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