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Faits divers – Justice

Gironde : très forte hausse du nombre d'agressions envers les policiers

lundi 30 juillet 2018 à 19:07 Par Edouard Marguier, France Bleu Gironde

La tendance des agressions envers les policiers est à la hausse puisque la préfecture de Gironde a recensé 98 agressions envers des policiers depuis janvier, contre 120 sur toute l'année 2017.

Une voiture de police (illustration).
Une voiture de police (illustration). © Maxppp - OLIVIER BOITET

Gironde, France

L'été en Gironde ne semble pas apaiser l'agressivité envers les forces de l'ordre. Samedi, deux policiers ont été roués de coups par une personne alcoolisée après qu'ils sont intervenus pour mettre fin à une bagarre à La Teste-de-Buch. Au début du mois, un CRS nageur-sauveteur a été violemment frappé par des individus. Depuis le début de l'année, en seulement sept mois, 98 policiers ont été victimes d'agressions dans le département. En 2017, ce chiffre s'élevait à 120. La tendance est donc très fortement à la hausse. "Le préfet de Gironde et le ministère de l'Intérieur condamnent ces comportements inadmissibles, a réagi sur France Bleu Angélique Rocher-Bedjoudjou, la directrice de cabinet du préfet de Gironde. Malheureusement ils sont récurrents et interviennent souvent sur fond d'alcool"

Hausse pendant l'été

La tendance pour les gendarmes n'est pas connue mais ils sont aussi visés. Quatre-vingts agressions ont été répertoriées l'an dernier dans notre département. Dimanche, par exemple, un militaire et un pompier ont été visés suite à une intervention de secours à Lesparre-Médoc. Les forces de l'ordre subissent ces violences particulièrement l'été. "L'afflux de personnes pendant la saison touristique peut expliquer l'augmentation de ces chiffres, avance Angélique Rocher-Bedjoudjou. Une soirée peut mal tourner et les auteurs se retournent contre les forces de sécurité intérieure." 

"Ces violences doivent être pénalement poursuivies", Angélique Rocher-Bedjoudjou, directrice de cabinet du préfet de Gironde

Dans ces dossiers, les frais d'avocats des policiers et gendarmes victimes sont pris en charge par l'Etat et les auteurs risquent une peine alourdie. L'agression d'une personne dépositaire de l'autorité publique est une circonstance aggravante. 

Les pompiers souvent agressés

Même si les pompiers de Gironde sont là pour aider les population, ils sont aussi touchés par ce phénomène. Pendant la seule journée de dimanche, deux pompiers ont été violentés. D'abord, à Lesparre-Médoc le matin et puis le soir sur la rocade bordelaise. Un pompier qui portait secours à une victime de la route a été frappé par l'entourage du blessé. Chaque jour en Gironde, les pompiers accomplissent entre 300 et 350 interventions. Fréquemment, ça dégénère.

Ça peut être des insultes, des crachats, des détériorations sur des véhicules de secours ou carrément des coups portés" — Le commandant David Brunner, président de l'Union départementale des sapeurs-pompiers de Gironde. 

Le dernier chiffre officiel a été publié en 2016. L'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) a placé notre région de Nouvelle-Aquitaine en tête du classement du nombre d'agressions envers les pompiers : 406 cette année-là. "C'est un phénomène qui ne touche pas simplement les quartiers sensibles, il touche l'ensemble des secteurs sur lesquels nous sommes amenés à intervenir, précise David Brunner. Les agresseurs sont parfois sous l'emprise de l'alcool ou de la drogue ou pensent qu'un représentant de l'Etat peut être l'objet de toute sa haine de la société". 

Le problème est que les pompiers refusent très souvent de porter plainte : 7% des agressés saisissent la justice. L'Union départementale des sapeurs-pompiers de Gironde fait partie de ceux qui demandent la mise en place de la plainte anonyme. "Le pompier est agressé parce qu'il porte une tenue, parce qu'il représente quelque chose et non pas parce que c'est un individu. Il faut donc que le dépôt de plainte soit fait au nom de l'institution, argumente David Brunner.  Rendre anonyme le dépôt de plainte permettrait d'éviter la crainte de représailles". Il souhaite aussi que l'opinion publique se mobilise. C'est le but de la campagne "touche pas à mon pompier" lancée au mois de mars partout en France.