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Faits divers – Justice

Gironde : un comité de soutien pour l'éleveur soupçonné de mauvais traitements sur ses animaux

mardi 6 novembre 2018 à 17:01 Par Camille Huppenoire, France Bleu Gironde et France Bleu

Éleveur itinérant, Dominique Massoubre est soupçonné de maltraitance animale. Des accusations qu'il a toujours réfutées, et que ses soutiens veulent faire cesser. Ils dénoncent un lynchage injuste de l'éleveur, notamment sur les réseaux sociaux.

Dominique Massoubre (g.) avec quelques membres de son comité de soutien.
Dominique Massoubre (g.) avec quelques membres de son comité de soutien. © Radio France - Camille Huppenoire

Bordeaux, France

Dominique Massoubre est un éleveur "à l'ancienne". Ses milliers de brebis vont de pâturage en pâturage, se rendant là où on les sollicite pour nettoyer la terre. Un élevage itinérant et "un bienfait écologique" explique le comité de soutien. Mais depuis sept ans, l'élevage connaît des difficultés, qui se sont traduites par plusieurs passages en justice, auxquels s'ajoute depuis 2016 un "lynchage" sur les réseaux sociaux, dénonce le comité.

Des photos qui ont choqué les réseaux sociaux

En 2016, 200 brebis de l'élevage de Dominique Massoubre se précipitent au fond d'un fossé et meurent. Quand on évoque cet événement, le regard de l'éleveur se perd dans ses souvenirs. Un mouvement de panique déclenché par une battue au sanglier, explique-t-il. Une enquête est en cours depuis cet été suite à sa plainte, déposée deux ans après les faits. Ce sont ses soutiens qui l'ont poussé à agir pour prouver qu'il n'est pas coupable.

Mais à l'époque, Dominique Massoubre ne songe pas à porter plainte. Il appelle les services d'équarrissage, le service qui évacue les cadavres. L'évacuation prend du temps. Des photos des brebis mortes sont prises et atterrissent sur les réseaux sociaux. Dominique Massoubre est accusé d'être responsable de la mort des animaux. 

Un suivi sanitaire aussi parfait que s'il avait 5 brebis !

Daniel Gergouil ne comprend pas ces accusations. Depuis 30 ans, ce vétérinaire assure le suivi du troupeau de l'éleveur. Quand on évoque une maltraitance animale, il bondit presque. "Il a un suivi sanitaire aussi parfait que s'il avait cinq brebis !" affirme-t-il. Parmi les premiers soutiens de Dominique Massoubre, il a apporté son témoignage au tribunal.  

Des ennuis qui remontent à 2011

Dominique Massoubre exerce son activité itinérante, concentrée sur la conservation de races bovines et ovines bordelaises, depuis plus de 30 ans à Puynormand et dans les alentours. En 2011, des manquements aux règles d'identification de ses bêtes entraînent des premières sanctions des services vétérinaires. Il est condamné une première fois en 2015. 

Après l'affaire des brebis mortes, il repasse devant la justice qui le condamne à ne plus posséder d'animaux, mais il fait appel. En juillet dernier, il est finalement autorisé à conserver ses brebis. Ses 150 bovins, en revanche, lui ont été retirés. Et son activité est suspendue à la décision de la cour d'appel de Bordeaux, devant laquelle il passera le 14 novembre. 

Justine Normand, avocate de Dominique Massoubre : "Dépassionner le débat"

"Notre élevage a toujours été un peu décrié, dit Dominique Massoubre, qui dénonce des actes de malveillance commis contre sa propriété, comme des coupures de clôture et des vols d'animaux. Je pense que c'est d'abord la taille, ça peut effrayer." Il possède aujourd'hui 6000 brebis, un nombre pas en adéquation avec le système actuel, reconnaît-il. Avec autant d'animaux, difficile de respecter toutes les règles, d'autant plus sur un élevage itinérant qui laisse les bêtes vivre de manière naturelle : elles divaguent parfois hors des limites des pâturages, ont moins de nourriture lors de la saison hivernale. "C'est normal qu'une bête soit maigre à la sortie de l'hiver !" rétorque Dominique Massoubre. S'il y a eu maltraitance, ce n'était pas volontaire, dit-il en substance. 

Laver l'honneur de Monsieur Massoudre "

Le comité de soutien a trois objectifs : "aide logistique, aide morale (...) et laver l'honneur de Monsieur Massoudre" déclare le porte-parole Alain de Peretti, vétérinaire retraité. Le comité de soutien ne nie pas des manquements aux règles, des difficultés à gérer, administrativement et en pratique, un élevage d'une telle ampleur. Mais aucune maltraitance volontaire et rien qui, selon eux, justifie un "lynchage public."

L'avocate de Dominique Massoubre abonde en ce sens. Pour elle, l'activité de son client est "méconnue. Il faut l'expliquer aux gens (...) qu'ils ne voient pas qu'un casier judiciaire !" Poussé par son comité, Dominique Massoubre se dit prêt à baisser son nombre de bêtes, à reprendre bien en main la gestion, particulièrement administrative, de l'élevage. Si la cour d'appel ne décide pas de l'interdire d'exercer. Réponse le 14 novembre.