Faits divers – Justice

Goodyear : 9 mois de prison ferme pour la séquestration de deux cadres

Par Eric Turpin, France Bleu Picardie et France Bleu mardi 12 janvier 2016 à 9:46 Mis à jour le mardi 12 janvier 2016 à 10:12

Les huit anciens salariés poursuivis lors de l'audience en novembre 2015
Les huit anciens salariés poursuivis lors de l'audience en novembre 2015 © Maxppp - Fred Haslin

Les huit anciens salariés de Goodyear, poursuivis pour la séquestration de deux cadres en janvier 2014, ont été condamnés mardi à 9 mois de prison ferme par le tribunal correctionnel d'Amiens. Ils ont décidé de faire appel.

Les huit anciens salariés de Goodyear, poursuivis pour la séquestration de deux cadres en janvier 2014, ont été condamnés mardi à 9 mois de prison ferme par le tribunal correctionnel d'Amiens. Parmi eux, Mickaël Wamen, délégué CGT qui a bataillé durant sept ans contre la fermeture de l'usine.

En janvier 2014, peu de temps avant la fermeture définitive de l'usine Goodyear d'Amiens Nord et alors que la direction du groupe avait refusé de négocier les indemnités de départ, le directeur des ressources humaines et le directeur de production avaient été retenus pendant 30 heures.

Lors de l'audience en novembre 2015, le procureur de la République avait réclamé deux ans de prison dont un an ferme à l'encontre des huit anciens salariés, qui ont décidé de faire appel.

Colère et détermination 

« Le gouvernement veut faire un exemple des salariés de Goodyear et veut faire taire toute forme de contestation quel qu’elle soit », a réagi Mickaël Wamen, ancien leader de la CGT dans l'entreprise, « La direction de Goodyear a retiré sa plainte. Seul le procureur a maintenu les poursuites. Je m'attendais à tout sauf à cette sanction. Tant qu'il n'y aura pas de relaxe on ne lâchera pas le combat »

Mickaël Wamen, délégué CGT réagit au micro de Olivier Estran

« Nous sommes scandalisés par cette décision. On veut criminaliser de plus en plus l'action syndicale et c'est absolument scandaleux », a déclaré Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, qui dénonce une sanction politique. 

Le choc à gauche 

Cette condamnation suscite un vif émoi chez les élus de gauche. Pascale Boistard, ex députée PS de la Somme et Secrétaire d'État chargée des Droits des femmes, a exprimé son émotion dans un tweet après cette sanction qu'elle juge lourde. 

De son côté, le porte parole du Parti communiste français, Olivier Dartigolles, parle d'un acharnement insupportable sur son compte Twitter.