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Grand débat sur la drogue : une association de Savoie appelle à "ne pas oublier la prévention"

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Par , France Bleu Pays de Savoie

INTERVIEW - Emmanuel Macron veut lancer un grand débat national "sur la consommation de drogue et ses effets sur la délinquance". Priorité à la répression. Réaction de l'association "Le Pélican" en Savoie, qui lutte depuis 40 ans contre la toxicomanie.

Maxime Cloquié
Maxime Cloquié © Radio France - Christophe Van Veen

"On se roule un joint dans son salon et à la fin on alimente la plus importante des sources d'insécurité..." Déclaration du président de la république au journal Le Figaro, paru ce lundi, le jour même où le chef de l'État se rend à Montpellier, en compagnie de son ministre de l'intérieur Gérald Darmanin. Le virage répressif et sécuritaire semble pris à un an de l'élection présidentielle. "Lutter contre les trafiquants de drogue est la mère des batailles", martèle Emmanuel Macron. C'est avec ces mots choisis qu'il entend engager "un grand débat sur la consommation de drogue et ses effets délétères". Stupéfaction au sein des associations qui luttent contre la toxicomanie : elles militent depuis longtemps pour une révision de la loi de 1970 qui criminalise les consommateurs. 

Depuis 1980, l'association "le Pélican" vient en aide à 1.500 personnes dépendantes à l'alcool ou à la drogue, chaque année en Savoie, grâce à une quarantaine de professionnels répartis à Chambéry et Albertville. Financée par l'Agence Régionale de Santé, elle mise énormément sur la prévention avec des actions dans les écoles, les entreprises et les stations de ski auprès des saisonniers. 

Après les annonces du président, Maxime Cloquié, directeur du Pélican se dit "surpris, si on peut dire ça comme ça". "On a l'impression d'un retour en arrière. Le mot "prévention" n'est pas prononcé, c'est uniquement de la répression. Or toutes les études prouvent que ça ne fonctionne pas depuis des années. On est déçus", ajoute-t-il.

France Bleu pays de Savoie : Au début de l'année, à l'initiative d'une mission parlementaire, une consultation citoyenne a eu lieu au sujet du cannabis "récréatif".

Maxime Cloquié : Et les résultats étaient concluants. 250.000 participants, 80 % favorables à une utilisation du cannabis qui ne soit pas punie par la loi. D'où notre incompréhension avec les déclarations du chef de l'État qui va dans le sens opposé. Il fait un lien étroit entre cannabis et délinquance. Et c'est bien là le problème. 

Vous militez pour une révision de la loi de 1970.

On aimerait la faire évoluer car elle est totalement inadaptée. Cela fait 15 ans qu'on se pose la même question. Dépénaliser le cannabis ? Si oui, avec quels contrôles, avec quelle distribution ? Et en fait, on n'avance jamais. Et les termes employés par Emmanuel Macron nous font penser qu'on n'est pas près d'évoluer. J'ajoute qu'on se focalise sur le cannabis. Si on parle vraiment de santé publique, il faut se pencher sur les ravages de l'alcool qui est en vente libre. 

La répression de la délinquance...

Il ne faut pas opposer la prévention à la répression des trafiquants. C'est juste de ne pas rendre plus compliqué le vécu des consommateurs de drogue qui tombent dans la délinquance pour chercher du produit. C'est l'enjeu de la légalisation. Il faut poser le débat. Même si on a le sentiment qu'on s'en éloigne avec les déclarations du Président.

A travers votre expérience de terrain, quelles seraient les priorités, si on vous donnait la parole dans ce grand débat national sur la consommation de drogue ? 

Encore plus avec la crise sanitaire, nous constatons une grande précarisation des consommateurs qui sont montrés du doigt, assimilés à des délinquants. On rajoute de la précarité à leur dépendance. Cela n'aide pas la prise en charge. 

Vous prenez le risque de la banalisation de la drogue. 

Au contraire ! Nous, on ne dit jamais que la consommation de drogue est anodine ou sans risque. Il y a des substances dangereuses, nocives, et notre travail consiste à le répéter à toutes les tranches d'âges, dans tous les milieux. Drogue et alcool, j'insiste ! Prévention ! Le THC, présent dans le cannabis, comporte des dangers, on est tous d'accord là-dessus. Cela ne doit pas empêcher de poser la question de sa consommation et d'une voie qui pourrait aller vers une légalisation sous condition.  

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