Faits divers – Justice

Grenoble : 150 compagnons d'Emmaüs devant la Préfecture pour protester contre une descente de gendarmerie

Par Julien Morin, France Bleu Isère vendredi 20 janvier 2017 à 16:14

Près de 150 manifestants vendredi matin devant la Préfecture de l'Isère
Près de 150 manifestants vendredi matin devant la Préfecture de l'Isère © Radio France - Julien Morin

Près de 150 compagnons d'Emmaüs étaient rassemblés vendredi matin devant la Préfecture de Grenoble. Ils protestaient contre une descente de gendarmerie mercredi pour un contrôle de travail dissimulé au centre de La Mure (Isère). Une opération organisée par le Procureur de la République.

"Première, deuxième, troisième génération. Nous sommes tous, des enfants d'immigrés !" ou "Libérez nos compagnons". Les slogans fusent vendredi matin sur la place de Verdun à Grenoble devant la Préfecture de l'Isère. Les quelques 150 compagnons d'Emmaüs rassemblés dans le froid protestent contre une descente de gendarmerie qui a eu lieu deux jours auparavant sur le site de La Mure. Les compagnons viennent d'Isère, du Rhône ou de Savoie et veulent faire entendre leur mécontentement. "C'est une intrusion inacceptable" clame Pierre-Yves Tesse, président de l'association Emmaüs Lyon. Mercredi matin, six gendarmes sont arrivés par surprise au centre Emmaüs de La Mure pour procéder à des contrôles d'identité afin d'identifier des travailleurs dissimulés.

"Une intervention comme celle-ci liée à du travail dissimulé n'a rien à faire chez Emmaüs"

Vendredi, une délégation de représentants d'Emmaüs a été reçue par la Préfecture de l'Isère. "On a insisté chacun dans nos responsabilité auprès du représentant du Préfet sur le fait que les services de l'État, de la Préfecture et de la justice ne connaissent pas le statut OACAS" raconte François Potin, président de l'association Emmaüs Grenoble faisant parti de la délégation. Ce statut instauré en 2008 permet à "des personnes éloignées de l'emploi de participer à des activités relevant de l’économie sociale et solidaire sans lien de subordination, à la seule condition de respecter les règles de vie communautaire". "Une intervention comme celle-ci lié à du travail dissimulé n'a rien à faire chez Emmaüs puisqu'on ne dissimule rien du travail que l'on demande aux compagnons" poursuit François Potin.

Une descente de police organisée par le Procureur de la République

C'est le sous-préfet Yves Dareau qui a reçu la délégation. Il a notamment confirmé que "la descente de gendarmerie n'était pas du ressort de la Préfecture mais du Procureur de la République". Il a déclaré "prendre acte de la situation et chercher maintenant des solutions sur le plan administratif". Quand au Procureur de la République, nous avons essayé de le joindre pour confirmation, mais celui-ci n'a pas donné réponse.

Les manifestants d'Emmaüs rassemblés devant la Préfecture - Radio France
Les manifestants d'Emmaüs rassemblés devant la Préfecture © Radio France - Julien Morin

Trois compagnons ont été interpellés dans cette descente de gendarmerie et soumis à une OQTF : obligation de quitter le territoire français. Ils ont été assigné à résidence et doivent, pour l'instant, se présenter tous les matins à la gendarmerie. La Préfecture a indiqué aux compagnons qu'elle "ne fera rien pour que l'OQTF des trois interpellés n'aboutisse".