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Faits divers – Justice

Grenoble : cinq ans de prison avec sursis pour Hubert Ougier, qui avait tué sa femme malade d'Alzheimer

vendredi 3 novembre 2017 à 21:22 Par Véronique Pueyo, France Bleu Isère et France Bleu

Cinq ans de prison avec sursis ont été prononcés ce vendredi contre Hubert Ougier, 81 ans, qui comparaissait devant la cour d'assises de l’Isère pour le meurtre de son épouse, Nicole, en octobre 2015, chez eux à Fontaine. Cette femme âgée a l'époque de 81 ans souffrait de la maladie d'Alzheimer.

La cour d'assises de grenoble, où s'est déroulé le procès
La cour d'assises de grenoble, où s'est déroulé le procès © Radio France - Véronique Pueyo

Grenoble, France

Pendant 3 ans, Hubert Ougier avait tout assumé, seul. Il s'occupait d'elle 24 H/24, ayant refusé toute aide extérieure, car sa femme ne le voulait pas. Épuisé, dépressif, il avait fini par la tuer, en l’étouffant avec un oreiller dans son lit.

Je regrette ce que j'ai fait mais je suis content de ne pas aller en prison. Hubert Ougier

Jeudi après-midi, l'avocat général a requis 5 ans de prison avec sursis et 5 ans de suivi socio-judiciaire. La cour l'a suivi. A l'annonce du verdict, Hubert Ougier s'est dit soulagé. Car même s'il regrettera jusqu’à la fin de ses jours d'avoir tué sa femme, il est content de pas aller en prison. Il va désormais pouvoir tourner la page la plus douloureuse de son existence et repartir dans la vie pour quelques années, espère-t-il, avec sa nouvelle compagne. "Je ne voudrais pas que d'autres vivent le même cauchemar que moi. Quand cette maladie survient dans une famille, il faut en parler et se faire aider, et ne pas s'enfermer, car sinon, l'aidant finit par craquer et c'est le drame." explique, la voix altérée par la fatigue et les sanglots, le vieil homme.

Hubert Ougier regrette ce qu'il a fait mais se dit soulagé de ne pas aller en prison - Radio France
Hubert Ougier regrette ce qu'il a fait mais se dit soulagé de ne pas aller en prison © Radio France - Véronique Pueyo

Quelques heures auparavant, il avait écouté le réquisitoire de l'avocat général qui n'a pas été tendre avec lui. "La maladie d’Alzheimer, ce n'est pas un permis de tuer !" avait -t-il lancé à l'accusé..."Certains voudraient peut-être voir dans ce dossier un fait de société, mais ce n'est pas la réalité de cette affaire" avait martelé le magistrat.

"Alzheimer n'est pas un permis de tuer" - L'avocat général

Et pendant plus d'une heure, il s'attachera à démontrer qu’Hubert Ougier n'avait pas voulu euthanasier sa femme pour mettre fin à ses souffrances, mais qu'il n'en pouvait plus, lui, de s'en occuper 24H sur 24.

Jean-Philippe Ougier estime que justice a été rendue pour sa mère. - Radio France
Jean-Philippe Ougier estime que justice a été rendue pour sa mère. © Radio France - Véronique Pueyo

"C'est lui-même qui s'est enfermé dans ce huis-clos morbide". Et l'avocat général revient sur le passage à l'acte de l’octogénaire : "Il a étouffé sa femme dans son sommeil. Quand elle s'est mise à crier, au lieu de s’arrêter, il s'est dit j'ai commencé, je vais jusqu'au bout..."

Hier soir, le vieil homme a quitté le palais de justice à petits pas, accompagné de son fils unique, Jean Philippe. Ce dernier était partie civile, mais avait demandé une peine symbolique pour la mémoire de sa mère. "Je ne voulais pas que mon père aille en prison. Justice a été rendue" a-t-il conclu.

Ecoutez la réaction d'Hubert Ougier, après le verdict

Jean-Philippe OUgier, le fils d'Hubert, avait demandé une peine symbolique, pour la mémoire de sa mère