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Faits divers – Justice

Grenoble : le jeune à l'origine de l'appel à la "purge" sur internet devant la justice

mercredi 28 novembre 2018 à 21:32 Par Véronique Pueyo, France Bleu Isère et France Bleu

L’étudiant de Saint Marcellin qui avait appelé à la "purge" sur internet le soir d'Halloween a été jugé par le tribunal correctionnel de Grenoble mercredi. Il comparaissait pour provocation non suivie d'effet au crime ou délit par parole, écrit, image ou moyen de communication par voie électronique.

Aïssa avec son avocat, Maître gallo
Aïssa avec son avocat, Maître gallo © Radio France - Véronique Pueyo

Grenoble, France

En lançant sur son Snapchat, un appel à la "purge" pour la nuit d'Halloween, Aïssa, 19 ans, s’était inspiré d'un film américain intitulé : "Nightmare", dans lequel une fois par an, tout était permis, y compris tuer son prochain, sans craindre de poursuites judiciaires. 

Un appel à se battre entre bandes rivales, à tirer sur des policiers avait également été lancé, avec des règles édictées par Aïssa. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, avait réagi via Twitter en disant qu'appeler à la "purge" c’était appeler au meurtre. 

Les amis d'Aïssa et sa mère étaient venus le soutenir - Radio France
Les amis d'Aïssa et sa mère étaient venus le soutenir © Radio France - Véronique Pueyo

Le jeune, lui, avait dit que c’était une mauvaise blague. En voyant l'ampleur que prenait son appel, il avait d'ailleurs édité une vidéo dans laquelle il demandait à tout le monde de rester tranquille. Il s’était rendu à l’hôtel de police où il avait été placé en garde a vue. Son procès s'est donc tenu ce mercredi 28 novembre.

Aïssa est arrivé plutôt décontracté à la barre. Dans la salle, ses amis et sa mère sont venus le soutenir. L’étudiant, au visage juvénile et aux cheveux bouclés, explique qu'il s'était inspiré du film La purge pour se déguiser lors d'une soirée étudiante. "Tout le monde m'avait trouvé génial, ça m'a flatté. En rentrant chez moi, j'ai lancé l'idée sur mon Snapchat. Je voulais gagner des abonnés. Mais je ne pensais pas que cela allait prendre des proportions nationales, voire internationales !" lance-t-il.

C'était un délire, c'était bête !

La présidente du tribunal l'interroge : "Vous savez très bien comment fonctionnent les réseaux sociaux, vous les utilisez tous les jours. En faisant le buzz, vous vouliez vous faire connaitre !" et de rappeler que le jeune homme s’était filmé  en se rendant à l’hôtel de police, où il avait été convoqué pour s'expliquer. À la barre, fini la frime, Aïssa fait profil bas, il s'excuse : "Ce sont des idioties. J'ai eu le temps de réfléchir dans ma cellule, en garde à vue."

Quatre mois de prison avec sursis et des travaux d'intérêt général requis

Pas convaincu, le procureur dit qu' on ne peut pas rire de tout avec n'importe qui. Il estime que le jeune homme a sciemment lancé un appel a la violence car il n'avait pas contextualisé son message. "À aucun moment, vous ne faites référence à ce film. Cela aurait pu avoir de graves conséquences." Le magistrat requiert quatre mois de prison avec sursis et des travaux d’intérêt général : "Car il n'a pas de casier judiciaire et qu'il semble regretter son geste". 

Aïssa devra attendre le 10 décembre prochain pour connaitre sa peine - Radio France
Aïssa devra attendre le 10 décembre prochain pour connaitre sa peine © Radio France - Véronique Pueyo

Pour la défense, ce procès a lieu pour faire plaisir au ministre de l'Intérieur. "Christophe Castaner est sous le bureau du procureur" lance Maître Gallo, en faisant sourire dans la salle. Pour l'avocat il faudrait plutôt poursuivre James Demonaco qui a réalisé le film La purge. "Mon client a voulu flatter son ego, pas appeler à la violence." Il souligne aussi qu'aucun syndicat de policiers ne s'est porté partie civile dans ce dossier : "Car eux, ils savent bien à qui ils ont affaire, à un jeune étudiant sans histoire qui a fait une bêtise en voulant faire une mauvaise blague et qui le regrette." Il plaide la relaxe ou la dispense de peine. Il précise aussi que finalement, il ne déposera pas plainte contre le ministre de l'Intérieur pour dénonciation calomnieuse. 

Le jugement sera rendu le 10 décembre prochain.