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Faits divers – Justice DOSSIER : Kévin et Sofiane, tués pour un simple regard

Grenoble : le procès du double meurtre de Kevin et Sofiane se tiendra à huis clos

mardi 3 novembre 2015 à 9:47 - Mis à jour le mardi 3 novembre 2015 à 10:13 Par Virginie Salanson et Denis Souilla, France Bleu Isère et France Bleu

La cour d'assises des mineurs de l'Isère a décidé de maintenir le huis clos durant le procès des meurtres de Kevin et Sofiane qui s'est ouvert ce lundi à Grenoble, en Isère. Le risque important de débordements pourrait "nuire à la sérénité des débats" a justifié la cour dans sa décision, ce mardi.

Les débats ne seront donc pas publics durant les 6 semaines de procès.
Les débats ne seront donc pas publics durant les 6 semaines de procès. © Radio France - Denis Souilla

Il n'y aura donc pas de public et pas de journaliste durant les six semaines de procès qui débutent ce mardi devant la cour d'assises des mineurs de l'Isère. Six semaines durant lesquelles la cour doit établir les responsabilités et démêler qui est réellement responsable de la mort de Kevin Noubissi et Sofiane Tadbirt, 21 ans, lynchés sauvagement le 28 septembre 2012, lors d'une expédition punitive à Échirolles, en Isère.

Le premier jour du procès (qui s'est ouvert ce lundi à Grenoble), devait permettre de déterminer si le huis clos serait totalement, partiellement levé, ou pas du tout. Deux avocats des parties civiles et deux avocats de la défense étaient favorables à la publicité des débats.  

Dans sa décision, très argumentée, rendue ce mardi matin, la cour a donc choisi de maintenir le huis clos pour les six semaines de procès à venir, jusqu'au verdict. Elle a justifié sa décision au motif que "la possibilité de débordements qui pourraient nuire à la sérénité des débats". Le président de la cour s'est notamment référé à l'affaire Medhi Chine, qui selon lui, qui "n'avait pas respecté la dignité des débats d'une cour criminelle". Le procès du meurtre de Medhi Chine, caïd grenoblois abattu en pleine rue en septembre 2010, n'avait pu aboutir en mars 2015, devant la cour d'assises de Grenoble, et avait finalement été renvoyé, faute de témoins. 

Le huis clos c'est dégueulasse, on victimise les meurtriers"

Enfin, le président de la cour d'assises a souligné que le double meurtre de Kévin et Sofiane s'était déroulé dans un "quartier sensible", ajoutant que des "émeutes avaient eu lieu dans ce quartier" en 2010. Une référence explicite aux débordements qui avaient eu lieu en juillet 2010, dans le quartier de la Villeneuve, à Grenoble, après la mort de Karim Boudouba, tué par la police au cours du braquage du casino d'Uriage.

Rachid Oualouk, ami de Kévin, aurait souhaité que les débats soient publics. - Radio France
Rachid Oualouk, ami de Kévin, aurait souhaité que les débats soient publics. © Radio France - Denis Souilla

Les parties civiles ont vivement réagi au maintien de ce huis clos. Rachid Oulaouk, un ami de Kévin, a fait part de sa déception : "le huis clos c'est dégueulasse, on victimise les meurtriers. On protège les accusés" a-t-il déclaré à la sortie de l'audience. "Il n'y aurait pas eu d'incidents", a-t-il ajouté, soulignant la différence entre le quartier des Granges, à Échirolles, d'où sont originaires les deux victimes, et celui de la Villeneuve, à Grenoble, où vivent les meurtriers présumés. Et Rachid Oulaouk de conclure "la publicité des débats aurait pu être une leçon" .

C'est un triste jour pour la Justice"

▬ Me Francis Szpiner, avocat de la famille de Kevin

L'avocat de la famille Noubissi, Maître Francis Szpiner, a lui aussi eu des mots très durs qualifiant ce mardi de "triste jour pour la République. Le huis clos est consternant. Ce que vient de dire la cour c'est que la Justice est incapable de faire appliquer l'ordre public. (...) Cela s'appelle la démission de l'État, la démission de la République, c'est un triste jour pour la Justice. C'est un manque de courage" a-t-il déclaré, ajoutant que les arguments du président quant au risque de débordements étaient "un aveu d'impuissance".

DOSSIER | Le drame d'Échirolles