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Faits divers – Justice

Grenoble : un octogénaire jugé aux assises pour avoir tué sa femme malade d'Alzheimer

jeudi 2 novembre 2017 à 19:18 - Mis à jour le jeudi 2 novembre 2017 à 21:26 Par Véronique Pueyo, France Bleu Isère et France Bleu

C'est le drame que redoutent beaucoup "d'aidants" de malades d'Alzheimer. La peur de craquer et de passer à l'acte. C’est ce qui est arrivé à un Isérois, il y a deux ans. Hubert Ougier a étouffé sa femme. Il comparait devant la cour d'assises de l'Isère. Le verdict est attendu ce vendredi.

Hubert Ougier, devant la salle d'audience de la cour d'Assises de Grenoble
Hubert Ougier, devant la salle d'audience de la cour d'Assises de Grenoble © Radio France - Véronique Pueyo

Grenoble, France

C'est un vieillard fragile, aux cheveux blancs qui s'avance à petits pas vers la barre. Il prend la parole d'une voix chevrotante : "J’étais épuisé, en dépression et sous médicament. Ma femme souffrait d'Alzheimer depuis quatre ans mais jusque là j'avais toujours réussi à me débrouiller seul." Hubert Ougier raconte comment il devait s'occuper de Nicole vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

"*_Elle était dure avec moi, elle pouvait me disputer* parce que j'avais mis trop de temps pour faire les courses. A la fin, elle était devenue dépendante et je devais la laver, lui faire à manger_" se souvient-il mais des sanglots l’empêchent de terminer sa phrase. Puis, il se reprend : "Cette nuit-là, je n'avais pas dormi et quand je me suis levé, j'ai vu l'oreiller et je l'ai plaqué contre son visage, je ne sais pas pourquoi. Après j'ai essayé de me suicider, mais je n'ai pas réussi. Je regrette. Même si j'ai peur, s'il faut que j'aille en prison, j'irai"\ , lâche le vieil homme en pleurs.

"J'étais à bout. Je ne comprends pas pourquoi j'ai fait çà, je regrette" — Hubert Ougier

Son fils unique, Jean-Philippe, explique que sa mère, malgré la maladie, était exigeante, elle ne voulait personne chez elle, pas d'aide à domicile. Il a compris trop tard que son père était à bout : "Je lui ai tout de suite pardonné. Il a beaucoup fait pour ma mère. Si je me suis porté partie civile, c'est pour être avec lui dans la salle d'audience, sinon, j'aurais dû rester à l'extérieur." Le jour du drame, il devait déjeuner avec ses parents, dans leur appartement de Fontaine. Trouvant les volets fermés et la porte close, il avait prévenu les pompiers.

"J'ai pardonné à mon père, il a toujours tout fait pour ma mère" — Jean-Philippe Ougier

Hubert Ougier s'est enfermé dans son malheur, par pudeur, il ne se plaignait pas. Ses voisins décrivent un homme serviable et sympathique : "Il ne nous a jamais rien dit de ses difficultés. On a tous été surpris quand le drame est survenu" explique l'un d'eux à la Cour. Le verdict est attendu ce vendredi soir.