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Faits divers – Justice

Grenoble : une famille se bat neuf ans pour obtenir un procès, après l'effondrement du toit d'un magasin

mardi 31 octobre 2017 à 15:19 Par Véronique Pueyo, France Bleu Isère et France Bleu

Le 6 septembre 2008, le toit du magasin Affairs, un dépôt-vente de 400 mètres carrés situé à Échirolles, s'effondre en raison, croit-on, des fortes pluies qui s'abattent ce jour-là sur l’Isère. Treize clients sont blessés dont trois gravement dont Maud, 8 ans. Il faudra 9 ans pour obtenir un procès.

Maud, gravement blessée aux jambes dans l'accident, et ses parents
Maud, gravement blessée aux jambes dans l'accident, et ses parents © Radio France - Véronique Pueyo

Grenoble

Il aura fallu près de dix ans pour que les faits soient jugés. Ce 6 septembre 2008, Stéphane Lagrasta ne l'oubliera jamais. Alors qu'il pleuvait énormément sur Grenoble, il était rentré dans ce magasin de dépôt-vente avec sa fille Maud, 8 ans, à l’époque. "On n'y avait jamais mis les pieds, c'était de la curiosité, on faisait des courses avant la rentrée scolaire." se souvient-il. Quand soudain, il entend un énorme bruit. Il ne comprend pas tout de suite que le toit est en train de s'effondrer. Très vite, le père et sa petite fille se retrouvent piégés sous un amas de taule avec de l'eau jusqu’aux genoux. Blessé, Stéphane Lagrasta ne voit plus Maud, il est fou d'inquiétude, les pompiers arrivent et tentent de le rassurer. Puis il perd connaissance. Quand il se réveille, il comprend que Maud est gravement blessée aux jambes.

Dans un premier temps, la justice rend un non-lieu avant d'ouvrir une enquête

Sylvie, la maman de Maud continue le récit : "Je suis arrivée à l’hôpital et là, le cauchemar a commencé. Maud a dû subir six interventions chirurgicales en huit ans. Notre fille était en bonne santé, aujourd'hui, elle souffre toujours physiquement et psychologiquement."

Maud regarde sa mère, les yeux plein de larmes : "Je ne peux pas rester longtemps debout, je ne peux plus marcher longtemps, j'ai mal et mes jambes sont couvertes de cicatrices." dit-elle, dans un souffle. "J'ai fait beaucoup de rééducation, parfois j'étais en fauteuil, c'était très dur. Et encore maintenant, je ne peux plus faire autant de sport que je voudrais" regrette la jeune fille qui est en terminale.

Maitre Gerbi accompagne la famille de Maud depuis 9 ans - Radio France
Maitre Gerbi accompagne la famille de Maud depuis 9 ans © Radio France - Véronique Pueyo

C'est pour leur fille que ses parents se sont battus durant neuf longues années. "Au départ, on nous a dit que c'était la faute à pas de chance, que c'était à cause de la pluie. Et la justice a d'abord rendu un non-lieu" explique Stéphane Lagrasta. Il décide alors, avec la mère de Maud, de prendre un avocat. Maître Gerbi accepte de les conseiller et de les soutenir : "L'instruction a duré neuf ans et finalement le juge a renvoyé devant le tribunal correctionnel le responsable du magasin, en tant que personne morale, mais aussi deux sociétés, l'une ayant construit le toit, l'autre l'ayant entretenu. On sait rendu compte que le travail avait été mal et surtout que depuis des années, personne n'avait pris la peine de retirer les feuilles qui s'étaient accumulées sur le toit. Et puis, les gouttières étaient bouchées et toutes ces négligences ont conduit à ce drame terrible ! " martèle Maître Gerbi.

Maud et ses parents ont tenu à raconter leur calvaire

Neuf ans de combat judiciaire pour aboutir à un procès

Pour Maud et sa famille, c'est une première victoire. Il va y avoir un procès, mais on n'a pas encore la date de l'audience.

"Nous sommes prêts à aller jusqu'au bout" dit Sylvie, la mère de Maud qui acquiesce : "Si je suis dans cet état aujourd'hui, ce n'est pas le hasard, c'est parce que des gens n'ont pas fait leur travail." Et son père conclut : "Il faut qu'ils soient condamnés pour ces manquements, car ils ont brisé notre vie".