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Faits divers – Justice DOSSIER : La santé : un enjeu électoral 2017

Grève dans les hôpitaux : à Voiron, l'exemple d'un établissement sous tension

lundi 6 mars 2017 à 19:43 Par Alexandre Berthaud, France Bleu Isère

Les personnels hospitaliers sont en grève ce mardi un peu partout en France. Ils réclament l'abrogation des lois Bachelot et Touraine, qui ont engendré des suppressions de postes nocives à la qualité de travail des employés et à la qualité des soins prodigués.

La grève sera très suivie à Voiron, hôpital en colère.
La grève sera très suivie à Voiron, hôpital en colère. © Radio France - Alexandre Berthaud

Voiron, France

Un emploi sur 16, très exactement (50 emplois sur 800). Voilà le taux de suppressions d'emplois qu'a subi l'hôpital de Voiron suite à la loi Santé de 2016. "On remplace du personnel de santé par de l'administratif", râle Annabelle Payet, infirmière anesthésiste, qui se rend bien compte que "l'hôpital, et ce n'est pas le seul, est comme une cocotte-minute".

"On est tout le temps sous tension"

Une cocotte-minute prête à exploser, et qui l'a déjà fait, en partie cet hiver. "On l'a vu avec l'épidémie de grippe, on parle d'hôpital sous tension, mais cette situation on la vit tout le temps", explique Catherine, une autre infirmière. Selon elle les 19 000 morts supplémentaires imputées au virus sont également le fait d'un manque de personnel.

Infirmier, médecins, public, privé, tous sont fâchés avec la politique santé du gouvernement Hollande. - Radio France
Infirmier, médecins, public, privé, tous sont fâchés avec la politique santé du gouvernement Hollande. © Radio France

Les suppressions de postes ont obligé chaque membre restant à en fait un peu plus chaque jour, alors qu'il n'y avait pas la place. Le personnel est débordé, ne peut pas prendre ses congés, fait des burn-out : au mois de janvier seulement, les agents de service hospitaliers (ASH) ont cumulé plus de 1200 heures d'absentéisme à l'hôpital de Voiron.

"On ferme des lits faute de personnel"

Les infirmières ont beau se démultiplier, certaines tombent malades. Et ne peuvent pas être remplacées. "Ce n'est même pas rare qu'on soit obligé de fermer des lits car on n'a pas pu trouver d'infirmier remplaçant, on a été encore récemment à fermer la moitié d'un service, simplement parce qu'une infirmière est malade". Cyril Venet, médecin à l'hôpital de Voiron, est fataliste. C'est le cas de tout le personnel qui suivra la grève ce mardi. Service minimum à Voiron.

"On ne subit pas l'avenir, on le fait" : les employés appellent à un investissement urgent ! - Radio France
"On ne subit pas l'avenir, on le fait" : les employés appellent à un investissement urgent ! © Radio France

Et le message porté est très simple : stop à la politique du chiffre. Car au-delà des conditions de travail des employés, ces derniers s'inquiètent encore davantage dans l'avenir de leur mission de santé. Car qui dit manque de personnel, dit "plus d'attente aux urgences, des opérations reportées faute de lit, des prises en charge tardives", énumère Catherine. Et la peur d'un accident se fait réelle.

"On est encore bien soigné à Voiron, heureusement, car le personnel s'arrache et fait des heures supplémentaires, mais il n'en faut pas plus", s'exclame Olivier Pautonnier, responsable FO dans l'hôpital, en faisant allusion au nouvel établissement, dont les travaux vont bientôt commencer. "On est totalement pour avoir un nouvel outil de travail, mais c'est si pour encore réduire le nombre de lits, ça ne sert à rien", conclut-il.

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