Faits divers – Justice

Grève des avocats à Bordeaux : les raisons de la colère

Par Sophie Constanzer, France Bleu Gironde jeudi 15 octobre 2015 à 8:00

Des avocats bordelais lors d'une précédente manifestation.
Des avocats bordelais lors d'une précédente manifestation. © Maxppp - Maxpp

Les avocats vont laisser leurs cabinets fermés ce jeudi pour protester contre la réforme de l'aide juridictionnelle. Ils ne veulent pas avoir à faire d'effort financier pour aider à combler le déficit dans le budget qui permet de payer des avocats commis d'office.

Après la manifestation des policiers, c'est au tour des avocats de se rassembler ce jeudi après-midi devant le Palais de justice de Bordeaux à 14 h 30. Les 1350 avocats du barreau de Bordeaux sont en grève pour protester contre la réforme de l'aide juridictionnelle : les avocats "commis d'office" (ils sont 300 au total à Bordeaux) qui nous défendent lors d'un procès quand nous n'avons pas les moyens de payer.  

Combler le déficit : ni les avocats, ni les justiciables

Pour combler un déficit de 15 millions d'euros dans le budget de l'aide juridictionnelle, la ministre de la justice Christiane Taubira voudrait que les avocats fassent un effort financier. En gros qu'ils mettent "la main au pot". Pour le vice bâtonnier de Bordeaux, c'est impensable d'autant que les avocats commis d'office seront encore plus mal rémunérés : "Sous prétexte que c'est pour un client qui bénéficie de l'aide juridictionnelle, il faudrait que l'avocat soit payé 2 ou 3 fois moins". Et Jérôme Birou de rajouter : "l'autre demande c'est que les justiciables payent un peu plus pour créer une sorte de fond de solidarité". Le vice-bâtonnier et ses collègues estiment que c'est à l'Etat de combler le déficit. "15 millions d'euros ce sont des queues de cerises dans le budget de l'Etat", s'insurge Jerôme Birou.

Le barreau ne désigne plus d'avocats commis d'office dès ce vendredi

Les avocats prévoient donc un rassemblement devant le Palais de Justice cet après midi à 14 heures 30, et dès ce vendredi, ils démarrent un autre mouvement d'humeur. Le barreau ne désignera plus d'avocats commis d'office. Ce seront aux juges ou aux présidents de juridictions de le faire, en début de procès.