Faits divers – Justice

Grève des fonctionnaires, les agents hospitaliers mobilisés

Par Aurélie Jacquand, France Bleu Champagne-Ardenne mardi 10 octobre 2017 à 10:46

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Photo d'illustration © Maxppp - Maxppp

Tous les syndicats de fonctionnaires appellent à la grève ce mardi, contre la baisse de leur pouvoir d'achat et la suppression de 120 000 postes dans la fonction publique. Les cortèges partiront à 10h à Reims et Charleville-Mézières.

Des soignants aux enseignants, des ministères aux collectivités, les 5,4 millions d'agents du service public devraient se mobiliser ce mardi, à l'appel de neuf syndicats de fonctionnaires (CGT, CFDT, FO, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC, CFTC et FA (Autonomes)). C'est la première fois depuis dix ans que tous les syndicats de la fonction publique sont unis pour manifester. 130 cortèges sont prévus (à 10h devant la maison des syndicats de Reims et place Ducale à Charleville-Mézières) et des perturbations sont à prévoir dans les écoles, les cantines, les centres des impôts, les Pôle Emploi, les hôpitaux...etc.

Des revendications nombreuses

Avec cette journée de mobilisation, les syndicats de fonctionnaires entendent protester contre des mesures qu'ils jugent "inacceptables". A commencer par la suppression de 120.000 postes d'ici à la fin du quinquennat, mais aussi le gel de leurs rémunérations, le rétablissement du jour de carence ou encore la hausse de la CSG. "Comme les retraités, nous ne serons pas épargnés", explique Sandrine Calvy, secrétaire départementale CGT (Marne) dans le secteur de la santé, "Un agent qui a 25 ans d'ancienneté et qui touche 1 400 euros net par mois, paiera entre 28 et 30 euros de CSG en plus par mois".

Des agents hospitaliers "à bout"

La semaine dernière, les médecins hospitaliers ont à leur tour rejoint le mouvement de grève de ce 10 octobre. Ils veulent dénoncer "l'étranglement financier" des hôpitaux publics, qui entraîne des conditions de travail à la limite du supportable. Paula travaille par exemple depuis 8 ans comme infirmière dans une USDL (unité de soins longue durée) à l'hôpital de Châlons-en-Champagne et elle se dit débordée : "On n'a pas le temps d'aller aux toilettes, pas le temps de manger, pas le temps de boire un coup et on ne peut pas non plus passer du temps avec les patients, discuter avec eux. Il y a des risques d'erreur". Avec les larmes aux yeux elle évoque les burn-out à répétition, les collègues qui craquent et s'effondrent en pleurs et les suicides aussi, de plus en plus fréquents dans son métier.

Le témoignage d'une infirmière épuisée

Un témoignage relayé par Sandrine Calvy, la secrétaire départementale CGT (Marne) dans le secteur de la santé : "C'est très difficile parce qu'on subit les politiques d'austérité des différents gouvernements depuis des année et on se retrouve aujourd'hui en service minimum tout le temps, sans marge de manoeuvre en cas d'absence d'un personnel".

Sandrine Calvy, secrétaire CGT dans le secteur de la santé

Après la mobilisation de ce mardi, la CGT prévoit a d'ores et déjà une nouvelle journée de grève et de manifestations, contre les ordonnances de la loi travail, le jeudi 19 octobre .