Faits divers – Justice

Grève des infirmiers : "J'ai peur pour l'hôpital public"

Par Clément Guerre, France Bleu Gascogne mardi 8 novembre 2016 à 18:11

Les infirmiers expliquent travailler à flux tendu et devoir faire leur métier de plus en plus vite.
Les infirmiers expliquent travailler à flux tendu et devoir faire leur métier de plus en plus vite. © Radio France - clement guerre

Ce mardi, une soixantaine d'infirmiers et d'aides-soignants manifestaient à Mont-de-Marsan. Ils dénoncent le manque de moyens et d'effectifs à l'hôpital et réclament aussi une revalorisation de leur profession.

"J'ai mis ma blouse blanche pour monter que j'aime mon métier mais je n'en peux plus" avoue Sophie, infirmière depuis bientôt 20 ans. Comme elle, une soixantaine d'aides-soignants et d'infirmiers sont venus manifester ce mardi 8 novembre à Mont-de-Marsan.

Moins de temps avec les patients

Ma journée c'est le speed en permanence et la qualité de mon travail s'en ressent — Maud, infirmière à Mont-de-Marsan depuis 13 ans.

C'est le ras-le-bol pour ces infirmiers. Confrontés à toujours plus de taches administratives à l'hôpital, tous se plaignent de manquer de temps auprès des patients. "On fait manger les gens en quinze minutes, pendant les prises de sang on doit aussi discuter et faire nos rapports," explique Sophie.

Les aides-soignants sont eux dans les mêmes conditions à l’hôpital. L'un d'eux raconte qu'il y a 7 ans, les toilettes avec les patients le matin s'effectuées en quinze minutes, aujourd’hui elles doivent se limiter à moins de dix minutes. "Du coup, on discute moins avec les malades et certains maux sont laissés de côté".

Les infirmiers au bord du burn-out

J'ai peur de mal faire mon travail — Maud, infirmière à l'hôpital de Mont-de-Marsan.

Les infirmiers expliquent travailler à flux tendu et devoir faire leur métier de plus en plus vite. Dès que quelqu'un est malade dans le service, "l'hôpital vous rappelle sur vos congés. Il manque en permanence au moins une personne par service" dit un infirmier. "Un jour j'ai peur de me tromper sur un calcul de dose parce que je suis fatigué ou que je vais trop vite" raconte Maud.

La CGT a déjà annoncé des tentatives de suicide et des burn-out à Mont-de-Marsan. Le syndicat rappelle que les "infirmiers vivent des situations difficile au travail."