Faits divers – Justice

Grippe aviaire : la Confédération Paysanne et les AMAP vont "s'opposer physiquement" à l'abattage massif

Par Bixente Vrignon, France Bleu Gascogne, France Bleu Pays Basque et France Bleu Périgord vendredi 31 mars 2017 à 16:59

Une centaine de petits éleveurs et consommateurs sont prêts à participer
Une centaine de petits éleveurs et consommateurs sont prêts à participer © Radio France - Bixente Vrignon

Vendredi midi à Gabat des militants d'ELB-Confédération Paysanne et des AMAP du Pays Basque ont annoncé publiquement ce vendredi qu'ils s'opposeront physiquement à l'abattage des volatiles chez les petits producteurs fermiers.

La grippe aviaire continue à s'étendre en Pays Basque, elle est arrivée sur un élevage à Gabat, près de St Palais. Conséquence : dans toutes les fermes contigües à l’exploitation concernée tous les volatiles seront abattus. Le problème, pour Panpi Saintemarie, du syndicat ELB-Confédération Paysanne, c'est que la zone était sous surveillance. L'exploitation infestée avait obtenu une dérogation il y a huit jours pour recevoir des canards des Landes. Colère : "on veut tuer nos animaux qui sont sains, et on fait n'importe quoi avec des dérogations et des camions qui disséminent le virus partout". Le représentant syndical pointe du doigt deux systèmes, l'un industriel qui concentre les animaux, et l'autre sur des petites exploitations, proche des consommateurs.

Panpi Saintemarie: "On sait très bien que c'est les camions qui disséminent le virus partout"

Panpi Saintemarie: "La Direction de Protection des Populations gère ce dossier d'une façon catastrophique" - Radio France
Panpi Saintemarie: "La Direction de Protection des Populations gère ce dossier d'une façon catastrophique" © Radio France - Bixente Vrignon

Le syndicat agricole et une association de consommateurs, l'Inter-AMAP Pays Basque affirme qu'ils s'opposeront physiquement à la venue des services vétérinaires, chaque fois qu'ils voudront abattre des animaux sains. L'abattage massif ne fonctionne pas selon eux. Les consommateurs mettent en avant qu'il n'y a pas d'animaux malades chez les éleveurs avec lesquels ils travaillent

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L'épisode de grippe aviaire dure depuis cet hiver et il a aussi des conséquences sur la santé des éleveurs. Présente dans le rassemblement ce vendredi, le docteur Catherine Rivière de l'hôpital de Saint Palais croise des patients producteurs très affectés, des adultes oppressés avec des tachycardies. C'est leur outil de travail qu'on abat, tout leur bétail. Certains n'ont plus les moyens de vivre, et ils vont aux restos du cœur. Depuis le début de l'épisode, les médecins de l’hôpital et les généralistes voient des cas de dépression".

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