Agriculture – Pêche

Grippe aviaire : les élévages vidés lundi en Haute-Vienne et en Corrèze

Par Julien Balidas, France Bleu Limousin dimanche 17 janvier 2016 à 19:34

Christelle gave environ 1500 canards chaque année.
Christelle gave environ 1500 canards chaque année. © Radio France - Julien Balidas

Depuis novembre, 69 foyers du virus influenza aviaire ont été détectés dans huit départements, dont un en Haute-Vienne. Un arrêté paru au Journal Officiel a durci les restrictions. Les éleveurs s'attendent à vivre des semaines difficiles. Illustration à Glanges, dans le sud de la Haute-Vienne.

Dès ce lundi les élevages de palmipèdes dans 18 départements vont commencer à se vider. Les élevages ne pourront plus accueillir de nouveaux canetons âgés de moins d'une semaine. A partir du 8 février, les palmipèdes de moins de quatre semaines seront également interdits, et l'ensemble des palmipèdes au 1er avril. 

"Pas de salaire pendant quatre mois"

Ce qui veut dire qu'à cette date, les exploitations devraient être vides.  Un coup dur pour Christelle et Pierre Roulet qui gavent 1500 canards chaque année à Glanges, près de Pierre-Buffière. Ils en ont 40 en ce moment. "On va accueillir lundi des PAG "prêts à gaver, ce sont des canards qui ont treize semaines et qu'on peut donc encore accueillir. Ensuite ce sera compliqué, on va avoir quatre mois sans salaire quoi", lâche Christelle.

En Limousin, les éleveurs ne sont pas plus informés que cela. Ce qui agace surtout Christelle, c'est d'apprendre ces mesures par la presse. "J'ai contacté des élus, ils ne savent rien. Au sein de la filière c'est pareil, il n'y a personne pour nous dire quoi que ce soit, pour nous rassurer." 

Autre problème pour ce couple : il n'a pas de stock puisque tout est frais et vendu à la semaine. Impossible donc de s'organiser à l'avance.

Pierre Roulet tente de relativiser en se disant que c'est tout de même le timing le "moins mauvais" après les fêtes mais "a des doutes sur la brutalité de cette décision."  Il pense aussi aux coopératives (lui fournit le magasin saveurs fermières à Limoges). "Ils n'auront plus rien mais les charges du magasin à payer. Comment gérer ça ?", s'interroge-t-il.

Et après ? 

Les éleveurs vont devoir faire avec ces mesures mais l'inquiétude demeurera après celles-ci, comme le relève Pierre. "Tout le monde va vouloir se fournir en canard pour préparer les fêtes à l'automne et je ne sais pas si les élevages pourront suivre.

Des conséquences sur les fêtes de fin d'année 2016 ? Pierre Roulet le craint.

 Un vrai casse-tête pour les professionnels qui estiment aujourd'hui que ces restrictions vont leur coûter entre 250 et 300 millions d'euros. 

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