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Grippe aviaire : pourquoi la vaccination de tous les canards et autres volailles n'est pas mise en place ?

La France a adopté une stratégie de biosécurité et de surveillance vétérinaire pour contrer le virus de la grippe aviaire et éviter une nouvelle crise après celles de 2016 et 2017. Des millions de canards avaient du être abattus dans le Sud-Ouest. Mais pourquoi ne vaccine t-on pas les animaux ?

Beaucoup d'éleveurs landais de canards ont investi dans des bâtiments pour pouvoir protéger leurs animaux en cas de grippe aviaire
Beaucoup d'éleveurs landais de canards ont investi dans des bâtiments pour pouvoir protéger leurs animaux en cas de grippe aviaire © Radio France - Frédéric Denis

Cinq exploitations agricoles ont été touchées par le virus de la grippe aviaire depuis début décembre dont trois dans les Landes à Benesse-Maremne, Saint-Geours-de-Maremne et Angresse. Plus de 35.000 animaux dont 30.000 canards ont été abattus. Les professionnels sont mobilisés pour éviter une multiplication de foyers d'infection. C'est un vrai risque car cette année, le nombre d'oiseaux migrateurs infectés est plus important selon l'école nationale vétérinaire de Toulouse

France Bleu Gascogne a donc demandé à Jean-Luc Guérin pourquoi la France a mis de côté la logique vaccinale pour privilégier une gestion sanitaire des épisodes de grippe aviaire. Il est professeur en pathologie aviaire à l'École Nationale Vétérinaire de Toulouse.

Jean-Luc Guérin, professeur en pathologie aviaire à l'École Nationale Vétérinaire de Toulouse, sur la vaccination contre la grippe aviaire

France Bleu Gascogne : Est-ce qu'il existe aujourd'hui des vaccins contre la grippe aviaire ?

Jean-Luc Guérin : Alors en théorie, ces vaccins existent, ils ont été développés et des essais qui ont été faits montrent qu'ils peuvent fonctionner, qu'ils arrivent à protéger contre la maladie et pour certains bien contre l'infection c'est-à-dire contre la multiplication du virus puisque c'est bien ça l'enjeu. Pour autant, ces vaccins ne sont pas utilisés en routine en tout cas pas en France et pas en Europe.

FBG : Ces vaccins ne sont pas utilisés en routine parce que ce n'est pas jugé nécessaire ?

JLG : Tant que nous sommes dans une situation avec quelques foyers, ce sont des situations que l'on arrive à maîtriser de manière sanitaire c'est-à-dire que l'on détecte, on trace les liens et on abat les élevages qui sont contaminés. Donc tant qu'on est sur un nombre de foyers qui permet cette gestion, la gestion sanitaire est celle qui est de loin la plus efficace. Et la vaccination aujourd'hui n'aurait de sens que si on était en quelque sorte débordé dans les capacités de gestion sanitaire. Et là, ça obligerait à créer une immunité globale au niveau des élevages avicoles pour faire en sorte de maîtriser la situation. Mais en matière d'influenza, c'est une arme extrêmement délicate à manipuler, et c'est pour ça que l'on ne peut l'envisager qu'en toute dernière extrémité et on n'est pas du tout dans cette situation pour l'instant."

FBG : Mais pourquoi attendre le pire pour entamer une vaccination globale dans tous les élevages ?

JLG : Parce que si on rentre dans une logique vaccinale, d'un point de vue commercial, au niveau du commerce international, cela pourrait poser un certain nombre de problèmes à certains opérateurs puisque ça signifierait quelque part que nous ne sommes pas en capacité de gérer le risque de manière sanitaire. Le deuxième point, c'est quesi on met en œuvre une vaccination, cela a un coût : le coût du vaccin lui-même mais aussi le coût de la surveillance puisque la pire des choses qui pourrait se passer, c'est que le virus circule à très bas bruit. Ce serait la circulation de virus qui ne provoquerait aucun signes cliniques chez les animaux c'est-à-dire que les animaux seraient vaccinés contre la maladie mais certains, un très petit nombre peut-être, pourraient laisser circuler le virus. Vous arriveriez à une situation où le virus continuerait à circuler et à évoluer puisque c'est vraiment le souci avec les virus influenza, c'est que si on les laisse prospérer, même à bas bruit, ils vont continuer à évoluer et à devenir demain éventuellement plus virulent et éventuellement après-demain, certaines formes pourraient devenir pathogènes pour l'homme, ce qui n'est absolument pas le cas aujourd'hui.

FBG : Donc le rapport coût bénéfice est défavorable à la vaccination de masse car il faudrait vacciner et surveiller...

JLG : Absolument. Il y aurait toujours un risque et cela veut dire qu'il faudrait mettre en œuvre des dispositifs de surveillance donc des tests. Cela veut dire qu'on partirait dans une logique où vous avez la totalité des élevages qui doit être vaccinés, qui doit être testés en permanence et le test ça a un coût. Il y a une dimension coût-bénéfice mais il y a aussi une dimension sanitaire y compris dans une logique de santé publique. L'influenza aviaire, c'est une maladie aviaire, mais ce sont des virus qui sont finalement proches de virus de l'homme. Il y a une logique d'un point de vue santé publique à ne pas laisser circuler ces virus.

Biosécurité et surveillance : stratégie qui semble faire consensus dans les Landes 

"Nous savons depuis plusieurs semaines, grâce à un dispositif de surveillance européen, que nous faisons face à un risque très élevé de grippe aviaire associé à l'avifaune sauvage" explique Jean-Luc Guérin, professeur en pathologie aviaire à l'École Nationale Vétérinaire de Toulouse. "La pression environnementale est très forte car le taux d'infection des oiseaux migrateurs est plus fort cette année". Malgré ce contexte, les acteurs landais de la filière volaille veulent croire en l'efficacité de la stratégie adoptée après les deux crises aviaires de 2016 et 2017. L'hypothèse d'une vaccination générale dans les élevages laisse perplexe.

L'hypothèse d'une vaccination de masse de tous les élevages de volailles laisse perplexe les acteurs landais de la filière

Premiers cas français détectés en novembre dans des animaleries

Après l'apparition de foyers en Russie et au Kazakhstan cet été, l'épizootie a atteint l'ouest de l'Europe cet automne, au gré des migrations de la faune sauvage. Les premiers cas français avaient été détectés en novembre dans des animaleries, en Corse et dans les Yvelines, toutes livrées en oies par un particulier du Nord, selon des informations du ministère livrées début décembre.

De plus en plus de cas de cette maladie, hautement contagieuse et mortelle pour les oiseaux, sont également dénombrés en milieu naturel. Tout récemment, "deux nouveaux cas d'influenza aviaire ont été confirmés sur des oiseaux sauvages trouvés morts: une oie bernache dans le Calvados et une autre dans le Morbihan", indique le ministère lundi.

Le ministère de l'Agriculture souligne que "l'influenza aviaire n'est pas transmissible à l'homme par la consommation de viande de volailles, oeufs, foie gras et plus généralement de tout produit alimentaire". "Les volailles d'élevage sont principalement contaminées par les oiseaux sauvages infectés ou, lors d'épizootie en élevage, par les autres élevages avicoles infectés", rappelle l'agence sanitaire Anses sur son site internet.

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