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Guy Chanal, l'ancien directeur d'Alpexpo, jugé en appel pour harcèlement moral à Grenoble

Par Véronique Saviuc, France Bleu Isère vendredi 21 mars 2014 à 1:03

Palais de Justice de Grenoble
Palais de Justice de Grenoble © Radio France

Guy Chanal, condamné il y a un an à six mois de prison avec sursis pour harcèlement moral sur les salariés du Parc des Expositions de Grenoble, comparaissait jeudi devant la Cour d'Appel de Grenoble. Une dizaine de salariés a porté plainte et s'est constituée partie civile au procès. La décision sera rendue le 5 juin prochain.

C'était le deuxième procès en correctionnelle pour Guy Chanal. L'ancien directeur d'Alpexpo comparaissait en appel pour harcèlement moral  suite à la plainte de dix salariés du Parc des Expositions de Grenoble. En première instance il y a un an, Guy Chanal avait été condamné à six mois de prison avec sursis, et Alpexpo à 40.000 euros d'amende dont 20.000 avec sursis. Les deux parties avaient fait appel. La Cour d'Appel de Grenoble s'est donc replongée jeudi dans l'ambiance de travail à Alpexpo entre janvier 2009 et octobre 2011 quand Guy Chanal avait été appelé pour redresser les finances de la société.

Anne-Bénédicte Desies, très émue à la barre

Comme il y a un an, Guy Chanal s'est présenté comme une victime, appelé à la rescousse d'Alpexpo qui accusait 500.000 euros de perte et lâché par les élus deux ans plus tard. 

"Je ne sais toujours pas pourquoi je suis là, au tribunal" —Guy Chanal

Guy Chanal dit avoir restructuré les services pour faire des économies : "les salariés avaient des habitudes des pré carrés, j'ai bien vu que ça les bousculait".  

Pour les victimes qui sont venues témoigner avec des larmes dans la voix, cinq ans après les faits, c'était un système organisé pour les pousser vers la porte. Les salariés perdaient peu à peu leur mission, certains étaient déplacés hors de leur champ de compétence, ou rétrogradé. Pour les victimes, il s'agissait d'un système organisé de déstabilisation. C'est ce qu'a plaidé leur avocat, Maître Pierre Janot.

Maître Pierre Janot, avocat des parties civiles

"C'était de la résistance aux changements. J'ai fait de mon mieux. Je veux bien entendre qu'il y ait eu souffrance au travail, mais pas de harcèlement."  —Guy Chanal

Le Médecin du Travail avait alerté l'Inspection du Travail qui s'était rendue sur place. Il y a eu plusieurs Comités d'Hygiène et de Sécurité (CHSCT). Malgré cela, le Conseil d'Administration de la SEM Alpexpo n'a fait que demander des explications au directeur sans intervenir davantage.

C'est pour cette raison que l'avocat général a demandé confirmation du premier jugement pour Guy Chanal et pour la personne morale Alpexpo. Les avocats de la défense, comme en première instance, ont plaidé la relaxe et la nécessité de restructurer pour assainir les finances. 

Mais tout le monde l'a souligné, le déficit du Parc des Expositions grenoblois n'a fait que se creuser depuis. La décision sera rendue le 5 juin prochain.

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