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Faits divers – Justice

Guy Novès aux prud'hommes : l'avocat présente l'addition à la FFR

jeudi 14 février 2019 à 14:53 Par Julien Balidas et Julien Corbière, France Bleu Occitanie et France Bleu

L'ancien sélectionneur du XV de France retrouve son employeur, la Fédération Française de Rugby, devant les Prud'hommes de Toulouse ce jeudi. Guy Novès demande réparation après son licenciement à la fin de l'année 2017. Son avocat évoque les "actes voyous" de la part du Président de la FFR.

Guy Novès avec sa femme Françoise à son arrivée au conseil des Prud'hommes de Toulouse
Guy Novès avec sa femme Françoise à son arrivée au conseil des Prud'hommes de Toulouse © Radio France - Julien Balidas

Toulouse, France

Guy Novès, accompagné par sa femme Françoise, et par son avocat Me Laurent Nougarolis est arrivé comme prévu en début d'après-midi au Conseil des Prud'hommes de Toulouse. Vêtu d'un complet bleu et d'une cravate, il n'a pas fui les objectifs mais ne s'est pas exprimé.

L'homme aux quatre Coupes d'Europe et dix Brennus avec le Stade Toulousain est assis au deuxième rang d'une salle des prud'hommes bondée, certains assistant au procès debout. Il remet en cause la conformité de son éviction, apprise par voie de presse il y a 14 mois. Il réclame près de trois millions d'euros au titre, entre autres, du préjudice moral et des années de salaire restantes. Avec son avocat, ils ont listé 21 points pour justifier un licenciement abusif. 

C'est donc d'abord l'avocat de l'ancien sélectionneur des Bleus qui s'est exprimé, Me Nougarolis s'employant à démonter les raisons du licenciement pour faute grave évoquées par la FFR. Selon lui, la fédération se trompe en voulant requalifier le contrat de Guy Novès en CDI. Celui-ci aurait signé un CDD de plus de quatre ans (juillet 2015 à décembre 2019) qui aurait été cassé illégalement par son employeur: "C'est purement et simplement dilatoire, dit l'avocat, et il y 0 élément pour prouver la faute grave". Et l'avocat d'égrener ensuite tous les dommages et intérêts demandés par son client : 720 000 euros pour les salaires restants (soit 30 000 euros mensuels), les droits à la retraite perdus, le préjudice moral (180 000 euros), le préjudice de notoriété (évalué à 360 000 euros), l'irrégularité de la procédure, le harcèlement moral (90 000 euros)...le tout pour arriver au chiffre global de 2,9 millions d'euros, chiffre qui a fait couler beaucoup d'encre depuis une semaine. Me Nougarolis termine sa plaidoirie en parlant des "actes voyous" du Président de la Fédération Française de Rugby, Bernard Laporte.

Les deux avocats : Me Nougarolis (Guy Novès) à gauche, Me Aguera (FFR) à droite - Radio France
Les deux avocats : Me Nougarolis (Guy Novès) à gauche, Me Aguera (FFR) à droite © Radio France - Julien Balidas

La Fédération Française est de son côté représentée par Me Joseph Aguera. L'avocat explique que le conseil des prud'hommes n'est pas réuni pour juger la carrière de Guy Novès mais bien les conditions de son licenciement. Il justifie l'absence de l'entretien préalable au licenciement par le fait qu'il y avait urgence et "pour éviter une médiatisation trop importante du sujet". L'objectif n'a pas franchement été atteint...

Guy Novès estime aussi qu'on lui doit les heures supplémentaires qu'il a passées à regarder les matches de Top 14. A ce propos, l'avocat de la fédération se fait incisif et ironique : "Des heures supps canapé. Vous auriez pu décompter le quart d'heure de la mi-temps" dit Joseph Aguera. Le défenseur de la FFR pointe aussi du doigt l'attitude dirigiste de Guy Novès à la tête des Bleus : "Le XV de France c'est l'équipe de tous. Vous devez rendre compte. M. Novès tout puissant n'était pas habitué. J'ai lu dans une interview qu'il choisissait même le chauffeur du bus du Stade Toulousain".

L'audience s'est terminée vers 15h50. La décision sera rendue le 8 avril. Guy Novès s'est exprimé avant de repartir : "On m'avait dit que ce serait un mauvais moment, ça n'a pas été un bon moment, surtout à partir du moment où l'avocat de la fédération a plaidé".