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Faits divers – Justice

Habitat indigne : Trois ans de prison, et 150 000 euros d'amende, requis devant le tribunal correctionnel de Bobigny

mercredi 28 novembre 2018 à 22:02 Par Sylvie Charbonnier, France Bleu Paris

Trois ans de prison dont deux avec sursis et 150 000 euros d'amende, requis, ce mercredi, devant le tribunal correctionnel de Bobigny, contre l'ancien directeur de la clinique des Fauvettes, à Neuilly sur Marne, poursuivi pour mise en danger de la vie d'autrui et habitat indigne

Tribunal correctionnel de Bobigny (93)
Tribunal correctionnel de Bobigny (93) © Maxppp - .

Bon samaritain ou marchand de sommeil ? C'est la question qui a été posée, pendant ces deux jours d'audience, mardi et mercredi, devant le tribunal correctionnel de Bobigny, à propos de cet ancien médecin, poursuivi pour habitat indigne et mise en danger de la vie d'autrui. Il avait acheté les murs de la clinique des Fauvettes, à Neuilly sur Marne, en 2008, en avait fait une quarantaine de petits logements qu'il louait à bon prix. Des appartements qui avaient fait l'objet de plusieurs rapports, des services de la commune et de l'Agence Régionale de santé, qui avaient dénoncé 17 risques différents. L'immeuble avait été évacué, fin 2017, après un incendie qui avait fait trois blessés légers. 

Le bon samaritain

A entendre l'ancien directeur de la clinique, c'était pour rendre service, qu'il louait ses appartements à des familles dans le besoin, aux faibles revenus, ou sans papiers, des comoriens, pour la plupart. Des gens qui "venaient pleurer pour avoir un toit" d'après lui et qui le remerciait quand il leur faisait signer un bail de 350 euros pour 9 m2 ou de 750 euros, pour 13 m2. A l'entendre, il ne s'était pas rendu compte de la mise en danger car il faisait effectuer des travaux régulièrement. 

Le marchand de sommeil

Pour les parties civiles, c'était l'appât du gain qui le motivait. Les logements étaient devenus insalubres : des fils électriques pendaient des plafonds, les cafards et les souris couraient au milieu des moisissures. D'après le rapport de l'Agence Régionale de Santé, ce sont 17 risques qui ont été recensés, depuis l'électrocution, les balcons dangereux, le plomb et les risques d'incendie. D'ailleurs c'est après l'incendie du 14 juillet 2017, que le bâtiment avait été évacué et les habitants qui restaient encore, relogés.

Une peine exemplaire requise

Pour l'avocat général, qui a requis trois ans de prison, dont deux avec sursis, la peine doit être exemplaire. Il l'a dit, au cours de son réquisitoire : "l'habitat indigne tue et quand il ne tue pas, il rend malade", rappelant que les locataires qui vivaient là, n'avaient pas le choix et que profiter de la vulnérabilité de ces personnes, c'était toucher à leur dignité et leur faire prendre des risques vitaux : " il aurait pu être à l'origine de dizaines de morts." Le jugement a été mis en délibéré au 9 janvier prochain.