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Harcèlement de rue : à Strasbourg, deux jeunes femmes de 18 ans rouées de coups par un garçon

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Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass, France Bleu

Rouées de coups pour avoir dit "non" à un garçon. C'est ce qui est arrivé à deux jeunes femmes de 18 ans, mercredi 26 août à Strasbourg dans le quartier de la Meinau. Elles ont porté plainte. France Bleu Alsace a recueilli leur témoignage.

Luane a été opérée de l'oeil.
Luane a été opérée de l'oeil. - Document remis

Elles avaient préparé leurs affaires pour passer l'après-midi au lac du Baggersee à Strasbourg. Luane, qui habite en région parisienne, et son amie Claire, Strasbourgeoise, n'auront pas eu l'occasion de se baigner. Sur le chemin, le 26 août, les jeunes femmes de 18 ans se font accoster par un jeune de 16 ans à scooter et ça tourne mal.

On n'a même plus le droit de dire "non" ? - Claire

"Il nous a dit qu'on était jolies, il était intéressé par nos numéros de téléphone. On a refusé ses avances et il a persisté" raconte Luane, "du coup, je lui ai dit 'tu as trois secondes pour te casser'. J'ai commis une erreur. Je lui ai mis une gifle. Et là, il a répondu en m'infligeant trois coups de poings à la tête, puis il m'a mis de multiples coups".

Opérée de l’œil, suite à une fracture du plancher orbital, Luane, qui travaille dans le milieu équestre, est arrêtée pendant deux mois.

Son amie, Claire, a également été frappée au visage et au dos. "Désormais, avec Luane, on va avoir peur de sortir, on va devoir porter une bombe lacrymogène" dit-elle, des sanglots dans la voix. "On n'a même plus le droit de dire "non" ? Il faut une raison ?"  Cette étudiante est aujourd'hui traumatisée. Elle dit être "stressée" et pense à son agresseur, qui n'a toujours pas été interpellé.

"Je vois son visage tout le temps, quand je ferme les yeux, dans mes rêves. C'est horrible" explique Claire, habituée à être harcelée dans la rue. "C'est tous les jours, peu importe comment nous sommes habillées. Parfois, on a le droit à des sifflements ou à une remarque sur nos cheveux. On ne peut pas sortir et juste être tranquille".

Moins de 10% des victimes de harcèlement de rue et d’agressions sexistes portent plainte à Strasbourg

Luane et Claire ont déposé plainte, mais, souvent, les femmes victimes de harcèlement de rue et d'agressions sexistes n'osent pas aller jusque là. "Moins de 10% des femmes franchissent les portes d'un commissariat à Strasbourg pour porter plainte", déplore Christelle Wieder, l'adjointe à la ville en charge des droits des femmes, un chiffre qui correspond au niveau national. "Faire valoir ses droits, c'est évidemment un chose importante, parce que ces statistiques permettent aussi de prendre en compte le phénomène et d'y répondre correctement". 

A Strasbourg, les policiers municipaux suivront une formation sur le harcèlement de rue à la fin de l'année.

Une Strasbourgeoise a créé un groupe Facebook en juillet pour dénoncer le harcèlement de rue. De nombreuses femmes, de tous âges, témoignent. 

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