Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Harcèlement moral au Département du Loiret : le procureur requiert 1 an de prison avec sursis

vendredi 8 juin 2018 à 1:46 Par François Guéroult, France Bleu Orléans

1 an de prison avec sursis et 10 000 € d'amende ont été requis hier soir à l'encontre de Thierry-Yves Lidolff. L'ancien directeur général des services du conseil départemental du Loiret est soupçonné de harcèlement moral vis-à-vis de deux de ses anciens collègues. Jugement le 12 juillet.

Thierry-Yves Lidolff, aux côtés de son avocat, Me Christian Curtil
Thierry-Yves Lidolff, aux côtés de son avocat, Me Christian Curtil © Radio France - François Guéroult

Loiret, France

Séance de grand déballage hier au tribunal correctionnel d'Orléans. Thierry-Yves Lidolff, ancien directeur général des services au Département du Loiret, a comparu pour "harcèlement moral". Celui qui a été pendant 16 ans, jusqu'en 2012, le plus haut responsable administratif du conseil département est mis en cause par 2 de ses anciens collègues, 2 anciens cadres. Le procureur a requis à son encontre 1 an de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende, au terme d'un procès-fleuve qui a duré près de 10 heures. Le jugement sera rendu le 12 juillet.

Des vexations au quotidien

"C'était un management par la peur", a expliqué Georges Dubrez, ancien directeur adjoint à l'aménagement au Département du Loiret, "C'était tous les jours ambiance Alerte à Malibu", a renchéri Pierre-Antoine Ragueneau, son collègue de l'époque à la communication. Tous deux ont porté plainte pour harcèlement moral et ont longuement décrit à la barre les pratiques de Thierry-Yves Lidolff, leur supérieur hiérarchique : le ton acerbe, les petits mots assassins, "C'est plein de petites choses, détaille Pierre-Antoine Ragueneau, des vexations, des critiques auprès de vos collègues, des manipulations pour vous priver de votre poste, de demander à votre collaborateur de prendre votre poste... Et tout ça, c'est du quotidien, et votre situation se dégrade sans que vous vous en rendiez compte." Pierre-Antoine Ragueneau, qui se disait "soulagé" à l'issue de l'audience, avec le sentiment "d'avoir révélé ce qui était la réalité" - interview à écouter en intégralité ici :

"J'ai le sentiment aujourd'hui d'avoir été écouté" - Pierre-Antoine Ragueneau

Un témoin résume Thierry-Yves Lidolff :  "C'était un Minotaure qui avait besoin de manger du cadre" - car s'il n'y a que 2 plaintes retenues par la justice, on a compté pas moins de 10 démissions de collaborateurs qui ne pouvaient plus travailler avec lui... Mais face à ces accusations, Thierry-Yves Lidolff reste inflexible, conteste l'ensemble de ce qu'il appelle des allégations et non pas des faits - jusqu'au bout droit dans ses bottes, regrette le procureur, qui note une "dimension perverse". Sans surprise, Me Christian Curtil, l'avocat du prévenu a plaidé la relaxe.

Eric Doligé maintient son soutien à son ex DGS

Mais ce qu'on retiendra aussi de l'audience hier, c'est la très longue déposition d'Eric Doligé, le président UMP du Département à l'époque :  il est resté 2 heures 15 à la barre ! Il n'est que témoin dans cette procédure, mais sa prise de position est loin d'être anodine... Car c'est lui qui le premier a écrit à la justice dans cette affaire, c'était en décembre 2010 : dans une lettre au procureur, Eric Doligé dénonçait une situation de harcèlement moral au Département du Loiret - sauf que selon lui, le harcelé c'était son directeur général des services, Thierry-Yves Lidolff, victime d'un complot ourdi par des directeurs adjoints - ceux-là même qui sont aujourd'hui sur le banc des victimes... 

Huit ans + tard, Eric Doligé n'en démord pas : tout cela n'a été qu'une entreprise de déstabilisation contre un homme qui était "dur mais juste". Une attitude qui désole Me Françoise Deviers, avocate de Georges Dubrez : "C'était dans ses capacités de faire cesser ce qu'il se passait, à savoir des agissements répétés de harcèlement moral, il était avisé dès le début de ces agissements, il n'a absolument pas réagi. Un médecin du travail lui en a parlé, il a fermé franchement les oreilles" - interview à écouter en intégralité ici :

"Cette audience faisait partie du processus de reconstruction de mon client" - Me Françoise Deviers

Le procureur Nicolas Bessonne parle d'une "négligence inacceptable" et s'interroge sur les raisons de ce soutien inconditionnel d'Eric Doligé à son directeur général des services - "Thierry-Yves Lidolff savait sans doute des choses", a lancé de manière énigmatique Pierre-Antoine Ragueneau, "je pense que ce couple est indissociable et qu'il y a des choses qui les lient." Seule certitude, ce soutien inconditionnel a coûté 220 000 euros au Département du Loiret, et donc aux contribuables, au titre des frais de justice puisqu'une partie de cette affaire a déjà été jugée devant les tribunaux administratifs, au bénéfice des plaignants.