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Faits divers – Justice DOSSIER : La tuerie de Chevaline

Haute-Savoie : cinq ans après, la tuerie de Chevaline reste une énigme

lundi 4 septembre 2017 à 22:04 - Mis à jour le mardi 5 septembre 2017 à 9:26 Par Richard Vivion, France Bleu Pays de Savoie et France Bleu

Le 5 septembre 2012, quatre personnes étaient froidement abattues sur une route forestière de Chevaline, au-dessus du lac d’Annecy. Cinq ans après ce drame, les enquêteurs n’ont toujours pas la moindre idée sur l’identité du ou des tueurs. Entretien avec Véronique Denizot, la procureure d’Annecy.

"Aujourd’hui, rien ne permet d’assurer que l’on pourra élucider Chevaline. Mais il faut y croire", assure cinq ans après les faits Véronique Denizot, procureure d'Annecy.
"Aujourd’hui, rien ne permet d’assurer que l’on pourra élucider Chevaline. Mais il faut y croire", assure cinq ans après les faits Véronique Denizot, procureure d'Annecy. © Radio France - Richard Vivion

Chevaline, France

Quatre personnes abattues par arme à feu sur la route de la combe d’Ire et deux rescapées, deux petites filles âgées à l’époque de 4 et 7 ans. Le 5 septembre 2012, ce terrible fait divers provoque une onde de choc partout en France mais aussi en Grande-Bretagne. Parmi les victimes, trois touristes britanniques (Saad Al-Hilli, son épouse et sa belle-mère) mais aussi un cycliste, Sylvain Mollier, originaire d’Ugine. Outre la cruauté de ce quadruple assassinat, ce fait divers aura aussi marqué les esprits en raison des circonstances dans lesquelles ont été retrouvées les deux enfants. La plus âgée a été frappée par le (ou les) tueur(s). Quant à la plus petite, les gendarmes l’ont découverte plus de huit heures après les faits. Elle était cachée dans la voiture familiale, entre les jambes de sa mère décédée, sous sa robe.

Cinq ans après les faits, retour sur ce fait-divers hors normes qui n’a toujours pas été résolu. Sera-t-il élucidé un jour ? "Rien ne permet de l’assurer", reconnait Véronique Denizot, la procureure d’Annecy.

Véronique Denizot, cinq ans après les faits, vous dites toujours travailler sur l’affaire de la tuerie de Chevaline. Pouvez-vous nous expliquer comment l’enquête se poursuit ?

Après cinq ans, la Section de recherches de la gendarmerie de Chambéry est toujours à la tête de l’enquête avec du personnel présent depuis le début, ce qui pour nous, est un gage de maintien de la mémoire et de la connaissance de ce dossier (une centaine de tommes). En revanche, si au début de cette affaire nous avons pu avoir jusqu’à cent personnes mobilisées sur l’enquête, à l’heure actuelle, seulement quelques enquêteurs travaillent encore dessus. Quand nous disons que le travail continue cela signifie que la veille est permanente. Tout élément nouveau nous parvenant est vérifié. On n’oublie rien, on continue à chercher. Le seul constat que l’on doit faire et il est un peu amer évidement au bout de cinq années, c’est que l’on n’avance pas.

Comment, aujourd’hui, ce dossier pourrait-il être relancé ?

Ce qui pourrait le relancer de manière significative c’est la découverte de l’arme (un Luger P06, un pistolet de fabrication suisse produit à 56 000 exemplaires jusqu’en 1940) ou l’identification de son ou de ses derniers possesseurs ou propriétaires. Des investigations allant dans ce sens sont toujours en cours en France et en Suisse mais sans avancée significative pour le moment. Malheureusement, on n’a pas grand-chose d’autre parce que les différentes pistes ouvertes depuis 2012 ont été, à mon avis, correctement et totalement exploitées. Elles n’ont pas découché et aucun suspect n’est identifié. Comme je l’avais indiqué l’année dernière, il ne reste que la piste locale et cette hypothèse de la piste locale fait que l’on ne connait pas le mobile. Qu’est-ce que, ce ou ces tueurs, ont voulu cacher en élimant tous les témoins ? On le découvrira le jour où l’on retrouvera l’arme, son possesseur ou le suspect lui-même.

"Aujourd’hui, rien ne permet d’assurer que l’on pourra élucider Chevaline. Mais il faut y croire." — Véronique Denizot, procureure d'Annecy

Véronique Denizot, procureure d'Annecy. - Maxppp
Véronique Denizot, procureure d'Annecy. © Maxppp -

La thèse de la piste locale signifie-t-il qu’aujourd’hui, il y a un tueur en liberté autour du lac d’Annecy ?

Objectivement, nous n’en savons rien. C’est possible, il ne faut rien éliminer mais que la piste soit locale ou non, nous avons effectivement un tueur toujours en fuite.

Après cinq années d’enquête, comment les enquêteurs et vous-même vivez-vous cette absence de résultat ?

C’est très frustrant. Ce n’est pas décourageant mais il y a effectivement un sentiment d’amertume parce que l’on se dit « est-ce que l’on va y arriver ». Nous avons cependant l’impression d’avoir mis en œuvre tout ce qu’il fallait. Le fait de ne pas y arriver nous incite à nous demander ce que nous avons pu louper. Est-ce que nous sommes passé à côté de quelque chose ? J’espère que non. J’espère aussi que le temps nous prouvera que nous avions bien travaillé. Mais pour le moment, nous n’en savons rien. C’est rageant parce que cinq ans c’est à la fois beaucoup et pas tant que cela pour un dossier de cette nature. Mais c’est évidemment beaucoup trop long pour les victimes. Aujourd’hui, rien ne permet d’assurer que l’on pourra élucider Chevaline. Mais il faut y croire.

A Chevaline, village de 146 habitants, la tuerie n’est plus un objet de conversation. « Ce n’est pas une actualité qui nous obsède », a confié le maire de la petite commune de Haute-Savoie.

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Chevaline, en Haute-Savoie - Radio France
Chevaline, en Haute-Savoie © Radio France - Denis Souilla