Faits divers – Justice

Haute-Vienne : du démarchage commercial agressif devant le tribunal correctionnel de Limoges

Par Nathalie Col, France Bleu Limousin vendredi 13 janvier 2017 à 19:12

Salles d'audiences correctionnelles, à la cité judiciaire de Limoges
Salles d'audiences correctionnelles, à la cité judiciaire de Limoges © Radio France - Nathalie Col

Un ex-commercial de la société Hydro Habitat, le gérant et deux cadres étaient jugés ce vendredi par le tribunal correctionnel de Limoges, pour pratique commerciale agressive. 11 familles de Haute-Vienne s'étaient portées parties civiles, s'estimant victimes d'escroquerie.

Une affaire de pratique commerciale agressive et d'escroquerie était jugée ce vendredi par le tribunal correctionnel de Limoges. Côte victimes, 11 familles se sont portées parties civiles. Des familles de Saint-Léger-Magnazeix, Saint-Brice-sur-Vienne, Beaunes-les-Mines ou encore Aixe-sur-Vienne. Côté prévenus : la société Hydro Habitat, son gérant, son directeur commercial, un cadre administratif et un ex-commercial soupçonné d'avoir mis en place une stratégie trop agressive pour vendre des fenêtres, portes de garages et autres panneaux solaires dans le but de faire des économies d'énergie.

Beaucoup de promesses... et de désillusions

Chaque fois le même scénario se répète face aux clients prospectés, surnommés des "timbales" d'après les aveux de l'ex-commercial qui leur a fait signer à tour de bras des contrats selon la méthode du "one shot". Une seule visite pour argumenter, faire signer les bons de commandes et récupérer tous les justificatifs nécessaires au dossier. En échange : la promesse que la société s'occupe de tout, même des démarches pour obtenir des crédits d'impôts et des aides de l'Etat permettant quasiment de couvrir les frais.

Des avantages auxquels les clients ne sont en fait pas forcément éligibles

Certaines de ces promesses sont fantaisistes, mais ça les clients l'ignorent. De même que la nature de certains documents qu'ils signent, confiants envers le commercial qui explique qu'il les remplira plus tard pour leur faciliter la tâche. C'est ainsi que certains ont souscrit à leur insu des crédits à la consommation pour plusieurs milliers d'euros, bien au-delà du montant annoncé pour les travaux.

Qui était au courant de ces pratiques ?

Le gérant, décrit par le procureur et les parties civiles comme un "gérant de paille" totalement incompétent, et les deux cadres de l'entreprises, présentés comme "les dirigeants occultes", jurent qu'ils n'étaient pas au courant et que ce n'était pas leurs consignes. D'ailleurs, ils ont fini par intervenir pour renégocier ou annuler les crédits et régler les litiges qui s'accumulaient. "C'est la stratégie du pompier pyromane !" s'exclame le procureur Bruno Robinet. Il ne croit pas une seconde à leur version.

Des réquisitions très contrastées

Le procureur a requis six mois de prison ferme envers l'ex commercial et des amendes de 1.000 à 2.000 euros chacun envers le gérant et les deux cadres d'Hydro Habitat. L'avocate de l'ex commercial a de son côté plaidé pour une peine avec sursis. Pour les 3 autres, leur avocat a plaidé la relaxe. Le jugement sera rendu le 10 février prochain.