Politique

Hervé Morin: "il faut une force d'interposition européenne en Syrie"

Par Claire Briguet-Lamarre, France Bleu Normandie (Calvados - Orne), France Bleu Cotentin et France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) mardi 8 septembre 2015 à 11:14

Hervé Morin

Il faut une force d'interposition en Syrie pour éviter un drame humanitaire, selon Hervé Morin, député UDI de l'Eure et tête de liste de la droite et du centre pour les élections régionales en Normandie. Voici ce qu'il faut retenir de son intervention sur France Bleu.

 A trois mois des élections régionales du mois de décembre, Hervé Morin, député centriste de l'Eure et tête de liste de la droite et du centre pour la Normandie s'exprime sur la crise des migrants. Il était l'invité de France Bleu ce mardi matin. Voici les principaux points de son intervention.

  • Le gouvernement français envisage désormais des bombardements aériens contre les positions de Daech en Syrie, est-ce un premeir pas pour résoudre la crise Syrienne ?

"Ces raids aériens ne changeront rien à la situation en Syrie, cela fait déjà presque deux ans que les Etats-Unis  et une coalition de pays arabes mènent une offensive aérienne et malheureusement Daech continue a accroître son emprise dans la région. Ce sont les populations civiles qui paient le plus lourd tribu car elles ne peuvent pas se protéger de ces frappes"

  • Faut-il une intervention au sol ?

"Je me méfie des va-t-en-guerre, de la reproduction de schémas dont on sait où ça nous a mené comme en Irak . Il faut que la France saisisse le contrôle de sécurité de l'ONU pour qu'il y ait une réponse de la communauté internationale, à la fois pour essayer de stabiliser la région et notamment la Syrie et sur la question des réfugiés. Sur ces deux questions là, les positions sont très divergentes. Il faudrait construire une force d'interposition, un peu comme la FINUL (force intérimaire des Nations unies au Liban) capable d'assurer des zones de protection en Syrie. Il y a quatre millions de réfugiés aux frontières de la Syrie qui sont de plus en plus tentés par une migration vers l'Europe faute de réponse politique. Ce ne sont donc pas les 120 000 migrants (chiffre de la Commission européenne) qu'on devrait accueillir en Europe qui règleront la question. deuxièmement ce dont on a besoin c'est d'assurer des zones de sécurité pour éviter un drame humanitaire."

  • La France annonce qu'elle va accueillir 24 000 réfugiés supplémentaires dans les deux ans qui viennent. Doit-elle faire plus comme l'Allemagne ?

"L' Allemagne et la France sont des situations très différentes. Les Allemands ont compris qu'ils vont être obligés au fur et à mesure des années d'accueillir des populations pour alimenter leur économie. Nous ne sommes pas du tout dans cette situation, nous avons des comptes complètement déséquilibrés, un chômage de masse, on ne peut donc pas voir les choses de la même façon même si c'est assez épique que ce soit la droite européenne qui donne des leçons à la gauche française. Vous voyez bien que ce n'est pas la réponse des 120 000 réfugiés dont on parle qui va régler la question quand, en réalité, ce sont quatre millions de réfugiés qui existent à la frontière avec la Syrie. Cette question concerne le monde entier et pas seulement l'Europe. Pourquoi ,les Etats-Unis ou l'Asie n'accueilleraient-ils pas eux aussi des migrants ?"

L'interview d'Hervé Morin avec Franck Weil-Rabaud

Hervé Morin, invité de France Bleu avec Franck Weil-Rabaud