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Faits divers – Justice

Homophobie : la galère d'Erwan pour déposer plainte au commissariat de Périgueux

mardi 6 novembre 2018 à 17:17 Par Caroline Pomès, France Bleu Périgord

Erwan a voulu déposer plainte ce lundi matin au commissariat de Périgueux pour injures homophobes mais l'agent de police a jugé sa plainte irrecevable. Le commissariat l'a finalement convoqué le lendemain pour enregistrer sa plainte.

Erwan a été victime de propos homophobe sur les réseaux sociaux.
Erwan a été victime de propos homophobe sur les réseaux sociaux. © Radio France - Caroline Pomès

Périgueux, France

Passer la porte d'un commissariat est souvent difficile pour les personnes de la communauté LGBT, lesbiennes, gays, bisexuels et trans. C'est ce que dénoncent les associations qui se battent pour le droit des homosexuels surtout en ce moment avec la recrudescence d'agressions homophobes dans les rues. A Périgueux, Erwan en a fait l'expérience. Ce lundi matin, il est allé porter plainte au commissariat de Périgueux pour "injures homophobes" mais l'officier de police judiciaire a refusé de prendre sa plainte

Un homme l'a traité sur Facebook de "suce-bite", de "déviant LGBTiste" et de "lopette". Selon Erwan, l'agent de police lui aurait dit que "lopette" n'était pas un propos homophobe. 

"Un malentendu entre la victime et le policier"

Erwan a été convoqué le lendemain au commissariat de Périgueux par le chef de la sûreté. Il a déposé sa plainte. Selon la directrice départementale de la sécurité publique de Dordogne (DDSP), Laetitia Philippon, il y a eu un "malentendu" entre la victime et l'officier de police judiciaire qui a refusé la plainte. "Ce n'est pas du tout un cas de discrimination." 

L'agent a signalé son entrevue avec Erwan tout juste après son départ pour que ses collègues donnent leur avis sur la situation. Pour lui, il a été "difficile de caractériser la plainte d'homophobe." Laetitia Philippon regrette en revanche que son agent n'est pas accepté la plainte. "Il aurait mieux valu que la plainte soit déposée et après c'est au procureur de décider si le dossier doit être suivi ou classé". 

Pour Erwan, c'est grâce à la mobilisation de plusieurs associations qui luttent pour le droit des LGBT qu'il a été rappelé par la DDSP. Après son premier passage au commissariat, il a raconté son histoire sur les réseaux sociaux. Elle a été immédiatement partagée et les associations l'ont aidé à se faire entendre. "Pour les gens "lopette" fait parti du langage courant mais pour moi c'est très dur à entendre". 

La police doit être mieux formée

Même si Erwan a finalement déposé sa plainte pour "injures à caractère homophobe", ce premier refus a été très dur pour lui. "C'est une violence de plus. J'étais déboussolé quand je suis sorti du commissariat." 

Les deux parties sont en revanche d'accord sur un point : les policiers doivent être mieux formés pour mieux gérer ces plaintes. Le commissariat a des "référents" dans des associations de lutte contre le racisme ou les violences faites aux femmes. Le commissariat de Périgueux devrait bientôt mettre en place le même système avec des associations LGBT.