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Hôpital américain de Neuilly : la justice ouvre une enquête pour harcèlement après le suicide d'un médecin

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Par , France Bleu Paris, France Bleu

Une enquête pour "harcèlement moral et professionnel" a été ouverte après le suicide en février dernier d'un médecin de l'hôpital de Neuilly-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine.

hôpital américain de Neuilly-sur-Seine
hôpital américain de Neuilly-sur-Seine © Maxppp - Maxppp

Le parquet de Nanterre a ouvert une enquête préliminaire pour harcèlement moral et professionnel, après le suicide en février 2020, d’un médecin anesthésiste de l'hôpital américain de Neuilly (Hauts-de-Seine), selon nos confrères de franceinfo. 

La veuve du médecin porte plainte

L’ouverture de cette enquête fait suite à une plainte contre X déposée en juin dernier par la veuve de ce médecin de 48 ans. Dans cette plainte, cette femme décrit une atmosphère "atroce" et des dysfonctionnements graves et connus de la direction de l'hôpital au sein du pôle de réanimation et d’anesthésie. Elle affirme que dans les jours qui ont précédé son suicide, son mari lui a fait part de son intention de quitter l’hôpital à cause d’une pression hiérarchique "insupportable". Elle a également précisé aux policiers que son mari "ne connaissait pas de problèmes personnels en dehors de son travail, tant au niveau familial, conjugal que financier. Il ne souffrait d’aucune addiction ou de problèmes psychiatriques." 

Le corps du médecin, qui travaillait depuis près de dix ans dans cet hôpital très prisé des stars, a été découvert par la police le 16 février dernier, en forêt de Montmorency dans le Val-d’Oise.  Selon les conclusions de l’enquête pour recherche des causes de la mort ouverte par le parquet de Pontoise, le médecin s’est lui-même pratiqué une perfusion avec du matériel chirurgical certainement prélevé à l’hôpital américain, avant de s’injecter une dose létale. Une autopsie a été pratiquée. Des objets personnels, dont son téléphone mobile, ont été saisis, placés sous scellés par les policiers du commissariat d’Ermont. L’enquête n’ayant aucun caractère criminel, elle avait été classée sans suite. 

"Je veux savoir"

Contactée par franceinfo, l’épouse du médecin décédé précise les raisons qui l’ont poussé à porter plainte. "Dans l’une de nos dernières conversations, mon mari me disait, 'je n’en peux plus de toute cette pression. Je veux quitter cet hôpital. J’en ai ras le bol. Je fais mes gardes et on parle calmement de tout ça en vacances'. Le lendemain, mes deux enfants et moi, nous l’attendions sur le quai de la gare pour partir mais il ne nous a jamais rejoints... Nous sommes tous hébétés. C’était quelqu'un de solide, habitué au stress des interventions, absolument pas déprimé et ses enfants représentaient tout pour lui. Ce geste, ce n’est pas lui. Ça ne lui correspond pas", affirme-t-elle. Après plusieurs entretiens infructueux avec la direction de l’hôpital américain, la femme de l’anesthésiste a décidé de porter plainte. "Je veux savoir", explique-t-elle à franceinfo. "Je ne veux pas que ça se reproduise."   

Enquête internet

Près d’un mois après le suicide de l’anesthésiste, la direction de l’hôpital américain a missionné une commission d’enquête interne qui a entendu une vingtaine de personnes dont les responsables directs du médecin et ses collègues au sein du pôle anesthésie-réanimation. Selon franceinfo, les résultats de ces entretiens ont été transmis à la direction courant juin. Le rapport conclut à des dysfonctionnements internes au sein du service sans établir de lien avec la situation de souffrance au travail de l'anesthésiste décédé. Les auteurs de ce rapport interne reconnaissent que le médecin n’a jamais présenté de troubles psychiatriques ou de signes de dépression au sein de l'hôpital avant son passage à l'acte. 

L’enquête préliminaire pour harcèlement moral dirigée par le parquet de Nanterre devra établir si la direction de l'hôpital avait connaissance de problèmes graves de management avant le drame ou si des signaux d’alerte avaient été émis concernant ce médecin ou ce service. Outre la direction de l'hôpital franco-britannique, l'un des acteurs importants de cette affaire est l'ancien chef du pôle anesthésie-réanimation. Ce médecin en poste depuis près de deux ans aurait été démis de ses fonctions, courant juillet, à la veille de l'ouverture de ces investigations judiciaires.  

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