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Huis clos aux assises de l'Ardèche pour le violeur présumé des campings

Par Stéphane Milhomme, France Bleu Drôme-Ardèche mercredi 26 mars 2014 à 12:16

Le procès du violeur présumé des campings de l'Ardèche se tient à huis clos jusqu'à vendredi.
Le procès du violeur présumé des campings de l'Ardèche se tient à huis clos jusqu'à vendredi. © Radio France - Stéphane Milhomme

Ce mercredi matin les familles de victimes se sont retrouvées à deux pas de Sébastien Duteil. Cet artisan de 34 ans est accusé de deux viols et neuf agressions sexuelles ou tentatives sur des enfants de 6 à 17 ans. Les faits s'étaient déroulés en Ardèche et dans le Gard entre 2010 et 2012. Cet été là, la psychose avait grandi, en pleine saison touristique.

Sébastien Dutheil a le visage rond, le crâne plutôt dégarni, les yeux clairs. Clairs mais tristes. Il porte une chemise noire. En fait, il a l'air complètement perdu dans ce box des accusés de Privas. Quand la présidente lui demande de se présenter, il donne son âge d'une voix à peine audible. Il est né en 1980. Il se rassoit devant ses deux avocats. Puis il a un regard furtif vers la salle, vers les familles des onze victimes ... de jeunes filles de 6 à 17 ans. Mais pas un des enfants ne semble présent à l'audience. Les parents ont fait le déplacement de la région lyonnaise, de Lille, Aurillac mais aussi d'Allemagne et Hollande. Ce sont eux qui porteront la voix de ces jeunes filles, agressées principalement pendant cet été 2012 dans les campings de l'Ardèche. Agressées pendant leur sommeil par un homme méthodique qui avait pris la peine de repérer dans la journée. Après l'appel des jurés qui composeront cette cour d'assises cinq hommes et trois femmes, une avocate se lève sur l'une des trois rangées de la partie civile. Elle demande le huis clos. Et c'est donc automatiquement que la présidente accède à sa demande. Les débats ne seront donc pas publics pendant les trois jours . La salle se vide. Seules les familles et les témoins peuvent rester. Ces débats sans la présence du public ni des journalistes est un regret pour certains avocats. Avant le début de l'audience, ils confrontent leurs souvenirs et rappelle comme un débat public sur des viols ou agressions sexuelles sur mineurs peut avoir valeur d'exemple, et aider aussi, un peu plus, l'accusé à prendre la mesure des actes qu'il a commis. La porte se referme et un policier appose le panneau : procès à huis clos. C'est peut être maintenant que la parole va vraiment se libérer pour des proches des petites victimes, plus de deux ans après ces agressions en série dans le sud Ardèche et le Gard.

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