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Huit hommes jugés à Auxerre pour violences en réunion

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Par , France Bleu Auxerre

Huit jeunes Icaunais étaient jugés mardi 4 mai au tribunal d'Auxerre pour "violences en réunion". Ils sont accusés d'avoir participé à une rixe, sur le parking d'une boite de nuit de Monéteau, dans la nuit du 31 juillet au 1er août 2020.

Le palais de justice d'Auxerre
Le palais de justice d'Auxerre © Radio France - Delphine Martin

Une violence extrême et inexpliquée. Huit jeunes hommes, âgés de 19 à 24 ans, étaient jugés mardi devant le tribunal correctionnel d'Auxerre (Yonne) pour "violences en réunion". Des faits qui remontent à la nuit du premier août 2020, sur le parking du bar le jukebox à Monéteau. Fortement alcoolisés, ces jeunes gens s'en sont pris à quatre hommes qu'ils ont roué de coup, alors que leurs victimes étaient au sol. Et ce qui frappe dans ce dossier, c'est l'absence d'explications sur les causes de la bagarre.

Aucune explication

Pourquoi ? C'est la question restée sans réponses, après plus de quatre heures de procès. Pourquoi huit jeunes gens, pour la plupart sans casier judiciaire, qui étudient ou qui travaillent, se retrouvent sur le parking d'une boîte de nuit, complètement ivres, à frapper quatre hommes qu'ils ne connaissent pas.

Aucune des victimes, aucun des prévenus n'est en mesure de répondre à cette question. Les prévenus, d'ailleurs, ne parlent pas beaucoup, n'expriment pas de remords. Chacun tente de minimiser son implication : "je n'ai donné qu'un coup de poing", dit l'un. "J'ai frappé un homme à terre oui, mais une seule fois", dit son ami. "J'ai voulu défendre mes amis, j'ai voulu calmer les choses", assurent d'autres jeunes hommes.

Tout ce que l'on comprend, c'est qu'ils avaient bu et que la violence a été extrême : des victimes qu'on isole, qu'on met à terre puis qu'on frappe, à plusieurs. Des coups de poing, des coups de pied.

Jusqu'à 45 jours d'ITT

La liste des blessures infligées aux victimes est impressionnante : nez cassés, fractures de la main, de la cheville, traumatisme crânien, rupture de ligaments, contusions... Trois des quatre victimes ont eu des jours d'ITT (Incapacité temporaire Totale) : 10, 14 et 45 jours pour la victime la plus sévèrement touchée.

Une autre victime, un homme de 58 ans, raconte cette soirée en boite, la première depuis 20 ans, le choc, l'incompréhension : "ils étaient tous alcoolisés, ils avaient envie de se battre, de se défouler". Il raconte aussi avec des tremblements dans la voix la peur après, qui l'empêchera de vivre normalement pendant des mois.

Des peines de prison avec sursis requises

"Ce qui frappe, c'est le jeune âge des prévenus", dit la représentante du parquet, "mais ce n'est pas une raison pour minimiser les faits" poursuit-elle, condamnant ce déferlement de violence sans raisons, déplorant aussi ce "sentiment désagréable de divertissement de fin de soirée". L'avocat des victimes poursuit : "mes clients ont été lynchés, les prévenus étaient galvanisés par l'alcool !"

Le procureur réclame des peines de 6, 8, 10 et 12 mois de prison avec sursis. Ces réquisitions font bondir les avocats de la défense, qui estiment que la justice doit déterminer précisément qui a fait quoi. Ils laissent entendre que tous les prévenus ne sont pas coupables et que tous les coupables n'ont peut-être pas été poursuivis.

"Ce n'est pas parce qu'ils sont là qu'ils ont frappé. L'infraction de présence n'existe pas", ironise un avocat. "On a voulu donner une dimension de groupe à un dossier qui n'en a pas", ajoute sa consœur. Devant eux, leurs clients assis coudes à coudes échangent des regards et des mots furtifs. Le jugement a été placé en délibéré au 2 juin 2021

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