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Faits divers – Justice

Ils ont empêché le transfert d'une machine en Roumanie, huit salariés de Sealynx à Charleval devant la justice

mercredi 4 juillet 2018 à 15:21 Par Laurent Philippot, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

Huit salariés de l'équipementier automobile Sealynx à Charleval (Eure) ont comparu ce mercredi 4 juillet 2018 devant le tribunal de grande instance d’Évreux. Ils étaient assignés en référé par leur direction qui demande à la justice "l'expulsion d'occupants des lieux de travail".

Salariés, élus et représentants du personnel de Sealynx avec leurs avocats à la sortie du tribunal d’Évreux
Salariés, élus et représentants du personnel de Sealynx avec leurs avocats à la sortie du tribunal d’Évreux © Radio France - Laurent Philippot

Charleval, France

Le 22 juin 2018, vers 5h30, l'entreprise Sealynx à Charleval, spécialisée dans les joints d'étanchéité pour l'automobile, veut procéder au transfert d'une machine X52 vers un autre site de production en Roumanie. Plusieurs salariés tentent d'empêcher ce transfert. Le secrétaire du CHSCT et secrétaire du syndicat maison majoritaire, la CDTM, Olivier Martin, qui dénonce une chasse aux sorcières,  avance des raisons de sécurité :         " lorsqu'un responsable de maintenance arrive avec une nacelle, il sait très bien qu'il faut être deux. Il arrive tout seul, avec des opérateurs à trois mètres de la nacelle, le danger est là ! " Pas de blocage selon Olivier Martin, même si le syndicaliste reconnaît qu'il est opposé au projet Tomorrow qui prévoit à terme le transfert de 32 machines

Même son de cloche pour Christelle Groult, déléguée CGT, qui fait partie des huit salariés poursuivis : "si être devant les machines, c'est un blocage pour la direction ! " L'élue conteste le projet Tomorrow. La direction affirme qu'il n'y a pas de plan social, ce que réfute Christelle Groult: _"Sur les 620 salariés de l'entreprise, 190 sont des intérimaires"_. Il y aurait, selon Christelle Groult, deux à trois départs par mois. L'avocate de Sealynx International a refusé de répondre aux questions de France Bleu Normandie. Lors de sa plaidoirie, Maître Aurélie Bonnet-Villemin a insisté sur l'intérêt de Sealynx à agir en référé :

Si on retente de transférer, on aura le même blocage" - Maître Bonnet-Villemin, avocate de Sealynx International

L'avocat des salariés balaie d'un revers de la main l'assignation en référé : _"Pourquoi demander l'expulsion de salariés alors qu'ils sont dans cette salle d'audience aujourd'hui ?"_s'interroge Maître Johann Philip. 

Un manque d'information des instances représentatives du personnel

Olivier Martin dénonce également le manque d'information du Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail. "Le CHSCT devrait être informé à chaque transfert de machine, et ce n'est pas le cas", déplore l’élu. Olivier Martin attend toujours une convocation du CHSCT de la part du président du CHSCT. Si ce n'est pas fait, "on sera là une nouvelle fois" ajoute le secrétaire. 

Une réunion de conciliation au lendemain de l'action en justice

Alors que huit salariés sont assignés en référé ce mercredi, une réunion de conciliation est prévue demain jeudi en sous-préfecture des Andelys. Mais les salariés ne savent pas encore s'ils vont s'y rendre. Le syndicat CDTM va provoquer une assemblée générale des salariés pour savoir quelle conduite à tenir. Olivier Martin a vraiment du mal à comprendre la ligne de conduite des dirigeants : 

S'ils avaient vraiment voulu concilier ou négocier, ils auraient pu arrêter l'assignation en référé. Les dates ne sont pas très appropriées " Olivier Martin, secrétaire du CHSCT de Sealynx

À l'audience au tribunal de grande instance d’Évreux, la présidente a donné un conseil aux salariés : rendez-vous à cette réunion. "C'est toujours bien s'il y a une médiation de l’État. Salariés et direction connaissent mieux le dossier que moi, auquel je ne pourrai consacrer au mieux qu'une demi-journée" ajoute la magistrate. Et la présidente de s'appuyer sur deux exemples qui ont touché ses parents : 

Si j'avais un litige, je ferai tout pour qu'un juge ne s'occupe pas de mes affaires" - La présidente du tribunal

Le tribunal rendra sa décision dans une semaine, le 11 juillet.