Faits divers – Justice

La copine d'une Nîmoise de 17 ans torturée par sa famille témoigne : "J'ai eu très peur pour elle"

Par Fabien Fourel, France Bleu Gard Lozère, France Bleu Vaucluse et France Bleu samedi 11 novembre 2017 à 18:05 Mis à jour le dimanche 12 novembre 2017 à 23:30

illustration police
illustration police © Radio France - nathalie de keyzer

Une adolescente de 17 ans a été enlevée cette semaine par sa propre famille devant son lycée à Nîmes. Séquestrée et torturée, la jeune fille a été sauvée par la rapidité d'action des policiers. Le témoignage de son amie.

Elle est l'une des amies de lycée de l'adolescente de 17 ans enlevée par sa propre famille en début de semaine devant le lycée Philippe Lamour à Nîmes. Elle a choisi de parler quelques heures après que sa copine a été retrouvée saine et sauve pour dire toute la crainte qu'elle a eue.

"On ne savait pas qu'elle vivait un enfer familial, elle souriait tout le temps en classe, elle avait de bonnes notes, elle riait." Marie, une élève de terminale

Nul ne pouvait imaginer ce que vivait apparemment l'adolescente. À savoir, une tension avec le reste de sa famille qui ne souhaitait apparemment pas qu'elle vive une relation amoureuse avec un jeune homme.

"Quand on a appris ça, quand les profs nous ont confirmé dans l'après-midi de mardi qu'elle avait été enlevée, on était sous le choc."

Après la confirmation de l'enlèvement de la jeune femme, ses camarades ont eu très peur.

"On avait peur qu'il lui arrive quelque chose de grave, à la base on ne savait pas que c'était sa famille, on pensait que ça pouvait être un violeur ou un fou, quand on a su qu'elle était saine et sauve ça a été un soulagement."

Une investigation extrêmement rapide menée par des policiers efficaces

Lundi, devant le lycée Philippe Lamour à Nîmes, une voiture arrive et quatre personnes frappent un éducateur chargé de s'occuper de l'adolescente placée du fait de violences au sein de sa famille. La jeune femme est embarquée de force dans une voiture. À partir de là, les policiers mettent en œuvre les meilleurs dispositifs de recherche.

"Des éléments nous laissaient penser que la famille de la jeune fille, originaire d'un autre pays, pouvait tenter de lui faire passer la frontière." Le procureur de Nîmes, Erik Maurel.

Le procureur de Nîmes, Erik Maurel

Des moyens techniques de très haut niveau et rarement utilisés permettent de localiser les parents suspects.

Le père de la jeune fille est placé en garde à vue mais il ne dit pas où se trouve sa fille. Malgré tout, les forces de l'ordre parviennent à localiser le lieu de détention : près de Saint-Chaptes dans le nord du Gard.

"Elle était attachée à une chaise dans un appartement depuis trois jours, elle avait le nez cassé, le visage tuméfié, et n'avait pas mangé depuis plusieurs jours."

Un amoureux qui n'a pas l'assentiment de la famille

Les deux frères et les parents de la jeune femme sont arrêtés. L’enquête explore plusieurs hypothèses, dont celle d'un conflit familial sur une histoire d'amour. La jeune femme n'aurait pas eu l'assentiment, visiblement obligatoire, de sa famille pour une relation amoureuse avec un jeune homme.

Au terme de la garde à vue des deux frères et des parents, la famille a été mise en examen pour enlèvement en bande organisée et acte de torture et de barbarie. Le père a été placé en détention provisoire.