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Faits divers – Justice

Il avait éborgné un manifestant en 2016 : un CRS renvoyé aux assises

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Par , France Bleu

Les juges d'instruction ont décidé qu'un CRS accusé d'avoir éborgné un manifestant lors d'une manifestation anti loi Travail en 2016 serait finalement jugé aux assises. Selon la justice, son lancer de grenade de désencerclement n'était pas justifié. Le policier va faire appel.

Légende : Les CRS avaient été visés par des tirs de cocktails Molotov lors de la manifestation parisienne du 15 septembre 2016
Légende : Les CRS avaient été visés par des tirs de cocktails Molotov lors de la manifestation parisienne du 15 septembre 2016 © Maxppp - Aurelien Morissard

Un policier de 50 ans sera finalement jugé aux assises, et non pas au tribunal correctionnel. Il répondra de "violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente" sur Laurent Theron, un militant syndical SUD de 48 ans, "définitivement aveugle de l'oeil droit", selon l'ordonnance des juges d'instruction consultée par l'AFP. 

Les faits se sont produits le 15 septembre 2016, peu avant 17H00, sur la place de la République à Paris. Les forces de l'ordre dispersent alors les manifestants venus protester contre la loi Travail, au terme d'une mobilisation marquée par de nombreuses violences et des jets de cocktails Molotov. C'est à ce moment que le brigadier-chef aurait, selon les juges, lancé une grenade de désencerclement, qui a touché Laurent Theron. 

Les juges estiment que le CRS a agi en dehors de tout cadre légal 

Lors d'une manifestation, la dispersion est bien souvent un moment critique où les tensions peuvent redoubler entre les forces de l'ordre qui doivent rétablir une circulation normale sur la voie publique, et des manifestants qui souvent n'ont pas envie de stopper leur mouvement. Les éléments les plus radicaux peuvent s'en prendre aux forces de l'ordre dans ces face-à-face parfois tendus. 

Pourtant, ce jour-là, lorsque le brigadier-chef fait usage de sa grenade, le policier et sa compagnie n'étaient alors, selon les juges, "ni assaillis, ni encerclés, ni même réellement pris à partie", ce qui exclut la justification de la légitime défense ou de la sauvegarde de son intégrité physique ou de celle d'autrui. Le CRS se voit également reprocher par les juges d'instruction d'avoir "agi de sa propre initiative, sans recevoir d'ordre", contrairement à la doctrine emploi de ces engins explosifs. 

En outre, le policier n'était pas habilité pour cette arme puissante, et, selon l'hypothèse privilégiée par l'enquête, il aurait fait feu "en cloche" et non au ras-du-sol comme c'est l'usage.

"Un accident" se défend le policier

"Cette décision le marque beaucoup ; s'il a fait une erreur, il n'a pas l'impression néanmoins d'avoir commis un crime", a réagi son avocat, Me Laurent-Franck Liénard. Pour lui son client est "persuadé d'avoir lancé une grenade pour se protéger, lui et ses collègues". Elle a atteint la victime "par accident" défend l'avocat, qui veut "contester l'appréciation juridique" des faits. Me Laurent-Franck Liénard va faire appel de la décision des juges d'instruction de renvoyer son client devant les assises.