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Il était leur "esclave" depuis des années, l'ancien ouvrier agricole s'est enfui dimanche dernier

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Par , France Bleu Gard Lozère, France Bleu

Un ancien ouvrier agricole de Pont-Saint-Esprit (Gard), sous l'emprise de sa soeur et son mari, a fini par prendre la fuite dimanche dernier, et se réfugier chez les gendarmes.

Le palais de justice de Nîmes (Gard)
Le palais de justice de Nîmes (Gard) © Radio France - Tony Selliez

"Hier, j'ai pris un morceau de pain, je l'ai caché dans ma chambre. Ma sœur l'a vu. Et lui, il m'a frappé, en me disant que je ne le mangerai pas !" Voilà ce que confie cet homme de 55 ans devant les gendarmes de Pont-St-Esprit (Gard). Un homme exploité par sa sœur et le mari de sa sœur pendant des années, à Pont-Saint-Esprit. Il a fini par reprendre lui-même sa liberté le week-end dernier.

Le couple est incarcéré depuis jeudi soir. La Justice retient le délit de "réduction en servitude". L'homme s'est échappé de leur maison dimanche dernier. Il est allé chercher du secours directement à la gendarmerie.   

Le couple risque 10 ans de prison.

Lui, ancien ouvrier agricole, qui a eu un accident de travail, est aujourd'hui un homme décharné, amaigri, des hématomes partout sur le corps, des brûlures de cigarette. Il était régulièrement frappé. Il explique : "ils me traitaient comme un esclave". Son calvaire a duré des années. Combien ? Difficile encore d'être précis. Mais une partie de sa vie a été sacrifiée.

"On est à la limite de l'esclavage, mais on retient le délit de réduction de servitude, qualification rare" Eric Maurel, Procureur de la République de Nîmes"

Des journées entières à couper du bois, à faire des travaux de jardinage. Rien d'autre. En journée, pas le droit de s'éloigner de la maison. Le soir, enfermé dans une petite chambre. Un seul repas par jour et obligé de demander l'autorisation pour aller aux toilettes. Une prison morale, une emprise psychologique. Il n'était pas payé. Juste "logé dans un local qui servait de chambre", explique le Procureur de la République de Nîmes, Eric Maurel, qui décrit un homme "joues creusées, les côtes saillantes". Un seul repas par jour. 

Il pèse "à peine 40 kilos aujourd'hui". Déshydraté. Il est hospitalisé.

Interdiction de s'éloigner de la maison.

Le couple qui l'hébergeait, sa propre sœur et son mari. Elle, sans emploi, lui ancien chauffeur routier en arrêt maladie. Ils nient en bloc, mais risquent bien dix ans de prison.

Même son allocation handicapé, il n'en voyait jamais le jour. 1.200 euros par mois, qui servaient apparemment à payer les charges du foyer, et les vacances de sa soeur et son mari.

Une comparution immédiate pourrait se tenir mardi. La Justice espère surtout déjà redonner vie à cet homme qui n'était plus qu'un fantôme. Il n'avait même pas son nom sur la boîte aux lettres.    

Eric Maurel, Procureur de la République de Nîmes
Eric Maurel, Procureur de la République de Nîmes © Radio France - Tony Selliez
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