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"Il faut aussi respecter les étapes du deuil" après le drame qui a touché la compagnie de gendarmerie d'Ambert

Deux mois après la mort de trois gendarmes de la compagnie d'Ambert en intervention à Saint-Just dans le Puy-de-Dôme, comment les militaires et leurs proches font-ils pour se reconstruire ? Le commandant Fabrice Touioui a accepté de témoigner au nom de ses collègues.

 Fabrice Touioui, le commandant de la compagnie de gendarmerie d'Ambert.
Fabrice Touioui, le commandant de la compagnie de gendarmerie d'Ambert. © Radio France - Dominique Manent

Le commandant de la compagnie de gendarmerie d'Ambert, Fabrice Touioui, était l'invité de France Bleu Pays d'Auvergne ce lundi matin. Deux mois après la mort de trois des militaires de sa compagnie, il répondait à nos questions sur ce tragique événement qui a bouleversé la compagnie et les familles. 

Comment vont les gendarmes d’Ambert aujourd’hui ? 

"Je reprendrai une devise du général de Charette de La Contrie : "Combattu souvent, battu parfois, abattu jamais." Nos trois camarades, qui nous ont quittés tragiquement en fin d'année dernière, ont tracé le chemin pour être encore plus forts aujourd'hui. Et ça, ça nous aide, tous les jours on pense à eux, tous les jours on parle d'eux, ils nous aident à continuer notre mission journalière, notre mission au quotidien, pour être encore plus forts qu'avant. Depuis cette tragédie nous avons, à deux reprises, sauvé des personnes : un skieur qui était perdu dans la montagne de nuit, et un forcené qui souhaitait mettre fin à ses jours, et nous avons sauvé ces deux personnes. Ces deux sauvetages constituent aussi un remède pour nous, voilà."

"Il faut aussi penser à nos camarades qui ont vécu l'intensité du feu et qui sont revenus, ils ne savent pas trop comment ils sont revenus, les balles les ont frôlés, ils n’ont pas été touchés on peut pas vous l'expliquer. En tout état de cause aujourd'hui, il faut aussi penser à eux, ce sont des camarades qui ont été touchés psychologiquement mais qui ne se sont jamais arrêtés, qui ont continué leur mission quotidienne. Personne ne s'est mis en arrêt maladie, ils ont continué leur mission. Le travail c'est ce qui les fait avancer, ils se retrouvent en groupe, ils sont vraiment une équipe très, très soudée. Les familles également, et ça leur permet d'avancer dans le bon sens. Il faut être extrêmement vigilants."

Etes-vous accompagnés dans cette épreuve ?

"Nous n'avons jamais été lâchés par notre hiérarchie, jusqu'à la direction générale de la gendarmerie nationale. Ils prennent de nos nouvelles, nous avons eu à notre disposition un certain nombre de psychologues cliniciens. C'est tout récent, donc il faut aussi respecter les étapes du deuil, chaque étape franchie, c’est une étape de gagnée."

"Il y a quelques gendarmes qui souhaitent partir ailleurs, peut-être pour se reconstruire, ce qui est tout à fait normal. C'est la force de la direction des ressources humaines au sein de la gendarmerie, c'est cette force à pouvoir trouver des personnels volontaires pour venir servir au sein de la compagnie d’Ambert. Nous allons reconstituer une nouvelle équipe, nos camarades disparus nous regardent, nous observent. Au fond d'eux-mêmes ils auraient voulu que l'on ne s'arrête pas, qu'on ne regarde pas le passé mais plutôt dans l'avenir." 

On a parlé des gendarmes, peut-on peut parler des familles des victimes ?

"Je suis en lien constant avec les familles de nos trois camarades. On échange beaucoup, on discute, que ce soit par téléphone on se voit physiquement, par SMS, voilà. La solidarité au sein de la gendarmerie, c'est ce qui fait sa grande force, et les familles se sentent soutenues et elles doivent être soutenues dans la durée, c'est très, très important."

"Dans la durée, mais aussi financièrement. La Fondation de la Maison de la gendarmerie, comme à chaque drame, organise une cagnotte au profit des familles de camarades décédés. Mais cela va au-delà, je sais que le lycée militaire d'Autun a organisé une cagnotte Leetchi, des promotions d'officiers ont aussi organisé des cagnottes. Je vous rappelle que le club de rugby de l'ASM Clermont-Ferrand a fait une minute de silence, je vous assure c'était beaucoup d'émotion. Le Clermont-Foot qui nous a offert un maillot signé par tous les joueurs, tous ces livres que l'on reçoit, les médailles que l'on reçoit, voilà c'est une belle reconnaissance au profit de nos camarades disparus. Et je dois dire aussi que le jour de la cérémonie d'hommage national, le 28 décembre 2020, le ministre de l'Intérieur a dit quelque chose qui est vraiment la réalité du sens de notre action : "Les gendarmes, première ligne, dernier rempart."

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