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Faits divers – Justice

"Il faut interdire ces armes" estime cet étudiant rennais éborgné par un tir de LBD 40

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Par , France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel

Jean-François a perdu l'usage de son oeil gauche, lors d'une manifestation contre la loi travail à Rennes, en avril 2016. Il a été touché par un tir de LBD. Aujourd'hui, il estime qu'il faut interdire ces lanceurs de balle de défense.

Jean-François Martin a aujourd'hui une prothèse à l'oeil gauche
Jean-François Martin a aujourd'hui une prothèse à l'oeil gauche © Radio France - Céline Guétaz

Rennes,

L'étudiant âgé de 23 ans porte désormais une prothèse à l'oeil gauche "un cache-misère" dit-il qui lui permet de ne pas être remarqué dans la rue.  Le jeune homme a perdu totalement l'usage de son oeil, après un tir de LBD lors d'une manifestation contre la loi travail, en avril 2016 dans la capitale bretonne. "L'instruction est toujours en cours et je ne sais toujours pas s'il y aura des poursuites contre les policiers qui ont tiré" poursuit le jeune homme. Depuis cette manifestation, il a été opéré à trois reprises "la première fois en urgence, la seconde fois pour réparer une fracture et la dernière pour permettre d'utiliser cette prothèse". 

Des séquelles physiques mais aussi psychologiques 

Etudiant en Master 2 en gestion de l'environnement, à Rennes 2, Jean-François explique qu'il a été bien entouré par ses parents qui ont géré l'aspect juridique et les questions d'assurance. Pour l'heure, le jeune homme n'a reçu aucune indemnité. Sur le plan psychologique, il a aussi des séquelles. Dans les premiers temps, je n'avais pas de symptômes post-traumatiques mais depuis quelques mois,  "je suis plus angoissé, plus paranoïaque, si j'entends une détention, cela me stresse davantage". Le jeune homme a le sentiment que sa personnalité a changé. Il continue toutefois de manifester "pour le climat par exemple". Et même si ce sont des manifestations généralement calmes, il avoue qu'il emporte toujours un masque et du sérum physiologique dans son sac. Il prend aussi la précaution d'être accompagné et "j'envisage à chaque instant de pouvoir m'échapper en courant". 

"J'ai peur de la police, même dans un commissariat"

La police, il ne s'en cache pas "il ne l'aime pas, elle m'a crevé un oeil". Et même lorsqu'il doit signaler que sa porte a été fracturée au commissariat, il ne sent pas en sécurité "alors que cela devrait être un lieu sécurisant".  

"Il faut interdire ces LBD, il y a eu trop de blessés"

Alors qu'aujourd'hui le débat est lancé sur l'utilisation de ces armes, pour le jeune homme, c'est une évidence, il faut que les lanceurs de balle de défense, mais aussi les grenades de désencerclement, soient interdites. "Il y a eu tellement de blessés, des mains arrachées, des gens qui ont perdu un oeil, on ne peut plus parler d'accidents". estime l'étudiant. Pour lui, les policiers ne devraient être autorisés qu'à utiliser des matraques et des grenades lacrymogènes. Le docteur Laurent Thines, professeur de neurochirurgie au CHU de Besançon, a lancé une pétition pour un moratoire sur l'utilisation des armes sublétales afin d'alerter "sur leur dangerosité extrême". Le médecin évoque la centaine de blessés graves et les 17 personnes ayant perdu un œil.