Faits divers – Justice

Il n'avait pas de ticket de tram, le contrôle dégénère, 8 mois fermes

Par Valérie Le Nigen, France Bleu Breizh Izel vendredi 3 avril 2015 à 10:33 Mis à jour le vendredi 3 avril 2015 à 16:00

Au terme de 5 heures d'audience ce vendredi 3 avril, le tribunal de Brest a condamné lourdement 3 jeunes qui avaient agressé des vérificateurs Bibus et des policiers lors d'un contrôle de billet le samedi 14 mars dernier. Le fraudeur a écopé de 8 mois ferme. Deux jeunes qui étaient intervenus pendant l'interpellation sont condamnés à 2 mois.

Un 4 ème jeune,  propriétaire d'un chien d'attaque, était poursuivi pour incitation à la rébellion et a finalement été relaxé.  Les conducteurs de Bibus s'étaient mis en grèver pour protester contre ces agressions le lundi 16 mars et à nouveau ce vendredi 3 avril jour de l'audience.

Ils s’estiment victimes de discrimination

Du coté des prévenus, trois jeunes antillais,  qui s’estiment victimes de discrimination. Téo explique qu'il n'avait pas sa carte de transport et que les contrôleurs ont voulu  fouiller son sac , ce qu'il a trouvé abusif.

Il était très agité. Les contrôleurs le font descendre. Il explique avoir été très surpris par l’arrivée de la police. Sur le quai, il donne un coup de tète. Un geste qu’il regrette à l’audience tout en  dénonçant les 6 coups de tasers reçus alors qu'il était à terre.

Les deux autres jeunes ,  disent avoir été choqués par la scène...

« Il était à terre, il criait il recevait des coups de taser... » Ils reconnaissent avoir insulté les forces de l’ordre. Un quatrième jeune, Kévin, s’approche avec un chien d’attaque. Une vidéo montre qu’il retient son chien, mais la proximité de la bête a probablement stressé contrôleurs et policiers.

Selon les contrôleurs, le contrôle s’est mal passé dès le début.  Des insultes fusent et  un vérificateur reçoit un coup de pied.

Puis sur le quai,  le fraudeur donne un  violent coup de tète à un agent de police Très rapidement, un attroupement se forme et les forces de l’ordre entendent  des incitations à la rébellion et des menaces de morts répétées. Après le départ de la police, des jeunes s’approchent du local technique de Bibus sur la place. Ils tapent dans les vitres. L’un d’ eux lance une poubelle sur l’une des vérificatrices.

Une pression exercée sur la justice par les grévistes

Les  avocats des parties civiles ( Bibus et Police Nationale)  ont évoqué le trouble à l'ordre publique et les agressions à répétition.   L'un des 3 jeunes prévenus avait sorti un couteau sur le quai.seulement 2 jours plut tôt . Deux contrôleurs l'attestent. Le jeune incriminé nie les faits.

 La défense a dénoncé la pression exercée sur la justice par la grève des salariés de Bibus le jour de l'audience. Aucun bus ni tram ne circulait ce vendredi à Brest. Les avocats des trois prévenus d’origine antillaise ont décrit des jeunes qui ont manqué de cadre depuis leur petite enfance. 

Le ministère public a requis des peines allant de huit mois à deux de prison ferme pour les trois jeunaes, la relaxe pour le proriétaire du chien

Le fraudeur, déjà condamné dans le passé pour une affaire de stupéfiants, a écopé de 8 mois fermes.  Ces deux amis d'origine antillaises sont condamnés à 2 mois ferme.  Des peines assorties d'une interdiction d'utiliser les réseaux de Bibus pendant deux ans. Le quatrième jeune, Kévin, propriétaire du chien a été relaxé.