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Faits divers – Justice

Il n'y a plus de médecin légiste à Pau : la procureure tire le signal d'alarme

jeudi 12 juillet 2018 à 17:39 Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn et France Bleu

Depuis la fin du mois de mai, le parquet de Pau est obligé de fonctionner sans médecin légiste attitré. L'Unité de Médecine Judiciaire de l’hôpital de Pau tourne au ralenti et le système s'engorge.

Une salle d'autopsie (illustration)
Une salle d'autopsie (illustration) © Radio France - Axelle Labbé

Pau, France

La justice a besoin, pour qualifier les faits et engager les bonnes poursuites en droit, d'une expertise médico-légale rapide, notamment pour fixer au plus vite le nombre de jour d'ITT (interruption temporaire de travail, lors d'une agression). C'est indispensable à la procédure. Sans médecin légiste attitré et disponible, cette expertise traîne en longueur. Sur des affaires de violences, il faut attendre parfois trois semaines pour être examiné. C'est pénible évidemment pour la victime. En cas de décès, la formalité pour rendre le corps à sa famille peut prendre là encore plusieurs semaines. Pire encore, dans les enquêtes pour viols. Les prélèvements sont urgents. Si le praticien des urgences ne peut pas, ou ne veut pas le faire, il faut emmener la victime jusqu'à Toulouse pour l'examen ; quatre heures de route aller et retour dans ce contexte, c'est indigne évidemment. 

Un seul médecin vous manque et tout est dépeuplé

Le médecin qui portait cette charge a décidé d’arrêter. Une remplaçante a été trouvée, mais elle n'est restée que trois semaines. Il faut dire que la médecine légale est un parent pauvre de la profession. Il y a une crise des vocations. Mais les conditions de pratique sont plus qu'améliorables. Les locaux de l'Unité Médico Judiciaire de Pau ne sont pas fonctionnels : pas de salle d'attente attitrée par exemple, et une seule salle de consultation sans fenêtre. La justice verse pourtant une subvention annuelle à l’hôpital de Pau de 700 000 euros par an. Le parquet estime qu'il n'en a pas pour son argent.

Une crise des vocations

L’hôpital explique de son coté qu'il y a une crise des vocations dans la profession pour cette médecine particulière. Un rapprochement avec la structure de Toulouse est envisagée pour pallier le problème.

C'est une petite unité. Le moindre départ déshabille complètement l'équipe — Le directeur de l'hôpital. 

"On a les plus grosses difficultés a recruter un praticien parce que la démographie médicale, dans cette spécialité, comme dans beaucoup d'autres hélas, est un petit peu tendue. Nous construisons un projet qui viserait rapidement à former plusieurs praticiens de l’hôpital et de SOS médecins, qui sera en mesure d'assurer la continuité qu'attendent les justiciables et madame la procureure", explique Jean-François Vinet, le directeur de l'hôpital de Pau. 

Jean-François Vinet, le directeur de l'hôpital de Pau