Faits divers – Justice

Il y a 20 ans, le procès de Maurice Papon à Bordeaux : France Bleu Gironde ouvre ses archives

Par Yves Maugue, France Bleu Gironde et France Bleu jeudi 5 octobre 2017 à 19:35

Le 8 octobre 1997, Maurice Papon arrive à la gare de Bordeaux avant l'ouverture de son procès pour crimes contre l'humanité.
Le 8 octobre 1997, Maurice Papon arrive à la gare de Bordeaux avant l'ouverture de son procès pour crimes contre l'humanité. © AFP - Derrick Ceyrac

Le 8 octobre 1997 s'ouvrait devant les Assises de la Gironde le procès de Maurice Papon, accusé d'avoir permis la déportation de 1 690 Juifs depuis Bordeaux pendant la seconde guerre mondiale. Un procès pour l'Histoire. France Bleu Gironde vous le fait revivre grâce à ses archives sonores.

Il était accusé d'avoir signé la déportation de 1690 juifs alors qu'il était secrétaire général de la préfecture de Gironde entre 1942 et 1944. Il y a 20 ans, le 8 octobre 1997, Maurice Papon, 87 ans, se retrouve face à ses juges aux Assises de la Gironde. Un procès hors norme par sa longueur, six mois, le plus long procès criminel de l'après guerre, mais aussi par la personnalité hors norme qui est jugée.

Maurice Papon est en effet un serviteur de l'Etat, rompu aux honneurs de la République. Préfet, maire, député et ministre, ministre du budget de Valéry Giscard d'Estaing quand le Canard Enchainé révèle en mai 1981 documents à l'appui la sombre activité de ce haut fonctionnaire.

► Gérard Boulanger, l'avocat qui avait déposé les premières plaintes en 1981, est l'invité de France Bleu Gironde ce vendredi 6 octobre de 8h à 8h30.

La longue instruction de 16 ans débouche sur ce procès historique que nous retraçons grâce aux archives sonores de France Bleu Gironde. Les extraits que nous publions proviennent du magazine "Le procès Papon" réalisé par Annie Soum-Pouyalet, Ezéquiel Fernandez et Jean-François Cousson et diffusé sur France Bleu Gironde (qui s'appelait alors encore Radio France Bordeaux Gironde) en 1998.

"Je suis un résistant"

Pendant tout son procès devant la Cour d'assises, Maurice Papon, obstiné, ne doute de rien. "Je veux bien me repentir mais de quoi ? de quelle faute ?" lance t-il devant une assistance sidérée. Avant de dire encore : "Vous ne pouvez pas me condamner car je suis résistant". Lors du procès, il reçoit même le soutien de grandes figures du gaullisme : Pierre Messmer et Philippe Seguin. Les historiens aussi sont divisés.

L'émotion des proches des victimes

Lors de ce procès ce sont surtout les témoignages des proches des victimes qui marquent les esprits. A l'image de Michel Slitinsky, qui avait échappé à la fameuse rafle de Bordeaux. C'est lui qui confiera les documents déterminants au Canard Enchainé.

Et puis il y a cet appel poignant aux jurés de Maurice Matisson, qui a perdu huit membres de sa famille dans les camps. "Nous sommes des survivants, nous espérons de ce procès d'être des vivants" affirme-t-il.

Les derniers jours du procès

Le procureur et l'avocat général vont requérir 20 ans de réclusion. Après 19 heures de délibéré, le 2 avril 1998, Maurice Papon qui espérait l'acquittement écopera finalement de 10 ans de réclusion pour crimes contre l'humanité. Maurice Papon sera interné à la prison de Fresnes.

Sa santé déclinante, Maurice Papon sera remis en liberté le 18 septembre 2002. Il est mort le 17 janvier 2007.

Crédits photos dessin et photos des vidéos : SB Jean Chesnot / François Guillot / Patrick Bernard / AFP.